Les débuts chaotiques de l'Ère des Poissons à la fin de la République romaine.

 

Les débuts chaotiques de l'Ère des Poissons

à la fin de la République romaine

 

À chaque changement d'ère, l'humanité traverse une période de grands bouleversements consécutifs à l'arrivée de nouvelles énergies qui vont entrer en conflit avec celles qui se retirent. La fin de la République romaine et la naissance de l'Empire mis en place par Octave/Auguste en constituent une illustration probante qui, comparée à la période actuelle, dénote de grandes similitudes quant à la nature des enjeux évolutifs en présence. L'Ère des Poissons a débuté autour de l'an 140 avant J.-C. et s'est terminée en 2010. Une ère astrologique, rappelons-le, a une durée de 2150-2160 ans et s'enchâsse dans la grande année sidérale qui, elle, dure 26 000 ans. Même si nous ne disposons que de fort peu de données en regard des changements survenus au moment de la succession des ères antérieures, nous disposons cependant, pour la période qui nous intéresse, de nombreux témoignages à partir desquels il est possible de dresser un ordre de corrélations. En effet, les historiens qui ont vécu ces temps de crise ont pris la peine d'en analyser les causes et les effets afin d'en tirer les leçons nécessaires. C'est donc à partir de leur regard critique que notre article a été rédigé.

 

La crise est d'abord spirituelle

 

Précisons d'abord l'acception du mot crise. En grec ancien, crise signifie «choix». Une période de crise est une période durant laquelle des choix doivent être apportés à une trajectoire évolutive, qu'elle soit de nature individuelle ou collective. Habituellement, les choix sont effectués en fonction de la recherche d'une amélioration des conditions de vie existantes, car la crise relève toujours du désir ressenti par l'homme d'améliorer son sort ainsi que de la pression exercée par l'âme qui en accentue, à son niveau, la précipitation. «C'est cette double activité du supérieur et de l'inférieur qui produit la crise. Lorsque ces deux activités se rencontrent, il n'y a pas, bien entendu, de conflit, mais il y a cependant un sentiment de tension, une pression qui paraît insupportable et une impasse de laquelle il ne semble pas y avoir d'issue.»[1]Une nouvelle ère, est-il pertinent de le rappeler, verra toujours colorer son développement par une énergie particulière que nous désignerons sous le nom de rayon.

 

Le sixième rayon modulant l'activité de l'Ère des Poissons

 

L'activité d'un rayon à la naissance d'une ère nouvelle se déroule en quatre temps. Il y a d'abord le contact avec les énergies anciennes, puis le conflit (nécessaire), ensuite l'ajustement et enfin l'équilibre.[2]Notons que ce ne sont pas les rayons qui sont en conflit, mais plutôt la substance énergétique et les formes impliquées pendant la période de transition. Or, la première chose appelée à changer lors du changement d'ère, c'est la culture. Nous y reviendrons. Lorsqu'un rayon entre en activité dans la psychosphère planétaire, il met en branle trois aspects majeurs de l'évolution. Primo, il change la civilisation et la culture de l'humanité à une période donnée. Pourquoi ?  Parce que c'est la culture qui se transforme en premier. Il faut savoir que tout changement fondamental de qualité se produit du haut vers le bas «dans la mesure où la sensibilité des élites intellectuelles répondra en premier lieu aux influences nouvelles». Deusio, «le nouveau rayon produit aussi des changements dans les autres règnes de la nature, amenant en manifestation une qualité différente de l'âme de chaque règne.»[3] Tertio, le nouveau rayon provoque des changements en regard du type d'egos appelés à s'incarner pendant sa période d'activité. Ce qui signifie qu'une majorité d'âmes du sixième rayon a cherché à s'incarner pendant cette ère. L'une des caractéristiques majeures du sixième rayon demeure liée au désir. Pendant toute la durée de l'Ère des Poissons, les guerres ont été basées sur le pouvoir d'attraction des possessions, assorti du caractère agressif des motifs qui les ont déclenchées. Bien entendu ici, il s'agit de la tendance négative du sixième rayon.

 

La première grande crise : la question agraire

 

Toute l'histoire de la Rome antique pourrait se résumer en termes de constante expansion territoriale dictée à la fois par des besoins de se défendre et surtout de domination à exercer autour du bassin méditerranéen. À l'origine, Rome est une bourgade assez frustre, mais qui deviendra au fil des siècles la capitale de l'Occident. La première grande crise découlant du changement d'ère a trait à la question agraire. Nous la résumerons ainsi.  Il faut bien comprendre qu'à l'origine, l'Italie n'est pas un pays unifié. En cherchant à s'étendre, Rome s'est mise à subjuguer progressivement l'Italie par la force des armes et à s'accaparer une partie du territoire du peuple vaincu. Ce faisant, les citoyens les plus riches réussirent à s'accaparer la plus grande partie des terres incultes ou non en les regardant comme des propriétés inamovibles. Ils poussèrent la rapacité jusqu'à l'acquisition des terres avoisinantes appartenant à de petits propriétaires, soit par la persuasion ou encore la violence. Parallèlement à cet empiétement, la main-d'œuvre servile était préférée aux travailleurs libres, car les guerres avaient ramené dans le giron de Rome une énorme quantité d'esclaves et ce, à partir des guerres puniques notamment. La conséquence directe des guerres d'expansion entraîna l'appauvrissement de la population libre. S'ensuivit la réduction du nombre de citoyens libres et l'incapacité pour Rome de mobiliser des soldats pour d'autres guerres, ce qui alarma Tiberius Gracchus.

 

Les Gracques : premiers sauveurs de la République

 

Des Gracques jusqu'à Octave/Auguste, vont apparaître successivement avec des motifs pas toujours teintés d'une éthique irréprochable plusieurs «sauveurs» se sentant parfois eux-mêmes appelés à la restauration de l'ordre et de la bonne gouvernance, parfois appelés à la rescousse par le Sénat. Tiberius Gracchus est le premier de ces hommes sensibles aux besoins et aux doléances du peuple qui cherchera à entreprendre les réformes nécessaires à la survie de la République. Accédant à la magistrature en 134 avant J.-C., il proposera trois articles de loi (la rogatio Sempronia) visant à réformer le système agraire romain. Un : en limitant la possession individuelle de l'ager publicus, mais en augmentant la superficie des terres disponibles pour les couples ayant plusieurs enfants. Deux : en nommant un collège de trois membres, élu par le peuple, pour faire appliquer la loi. Trois : en distribuant aux citoyens pauvres les terres récupérées. Malheureusement, les articles deux et trois de la loi suscitèrent le mécontentement et l'animosité des riches et du Sénat. Tiberius Gracchus paya de sa vie ce coup de force envers les forces conservatrices. Quelques années plus tard, son frère Caius Gracchus réussit à faire voter la loi frumentaire qui accordait à chaque plébéien de la classe des pauvres une mesure de froment une fois par mois. Au fil de ses charges politiques, il proposa de conférer la citoyenneté romaine aux Latins, de donner le droit latin aux autres Italiens et de fonder une colonie romaine à Carthage malgré l'interdiction sacrée de -146. Comme son frère, il fut assassiné à la suite de sa sédition contre le Sénat. La question agraire a suscité de violents affrontements entres citoyens : elle marque le premier épisode des guerres civiles qui vont assombrir le dernier siècle de la République. Sur le plan spirituel toutefois, se profile l'avènement des luttes pour la reconnaissance des pleins droits universels qui interpellera l'humanité durant toute l'Ère des Poissons comme en témoigne l'article 25 A de la Déclaration universelle des droits de l'homme : «Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux, ainsi que pour les services sociaux nécessaires.» Un dernier mot sur les Gracques. En supprimant ces deux leaders, Rome a fait se dresser deux camps : ceux qui œuvrent pour l'évolution (les populistes) et ceux qui lui font obstacle (les conservateurs) en s'accrochant à leurs privilèges. Un observateur attentif pourra faire remarquer qu'en ce début de l'Ère du Verseau, les enjeux restent les mêmes. 

 

Le sixième rayon et l'intolérance en deux épisodes

 

1. Le scandale des Bacchanales

2. Les guerres civiles et les proscriptions

 

Très exclusif lorsqu'il n'est pas aligné spirituellement, le sixième rayon a généré pendant les deux derniers millénaires de grandes intolérances religieuses d'une part et de non moins importantes intolérances politiques d'autre part. Voici un peu d'explications au sujet de l'intolérance propre à ce rayon. À cause de la nature sélective du mental plus encline à diviser qu'à unifier, le sixième rayon a conduit à la séparation, au nationalisme et au sectarisme. Une autre facette des déformations de ce rayon a été l'éclosion du dogmatisme religieux sous toutes ses formes : exclusivité des écoles de pensée ; schisme entre confessions catholiques et orthodoxes, entre Sunnites et Chiites, etc. La liste des divisions qui ont déchiré cette ère est fort longue et tragique. L'épisode des Bacchanales survenu à Rome en l’an -186 illustre bien cette tendance à la réaction intolérante envers les comportements d'individus qui aspiraient à vivre en fonction de valeurs autres que celles inhérentes à l'attrait matérialiste. Le terme Bacchanales fait référence à un ensemble de fêtes religieuses en lien avec le culte de Bacchus, le dieu du vin. Tout ce qui est mystérieux et secret suscite la méfiance et encore davantage si les célébrations sont assorties de comportements jugés répréhensibles comme la promiscuité sexuelle, l'avilissement des mœurs, les excès comportementaux attribuables à un haut degré d'ivresse. Certes, il était possible de parvenir à certains états de transe au moyen du vin, mais des «dérapages» s'ensuivaient qui soulevaient une certaine indignation ou bon nombre de calomnies. La répression de cette bacchanale est due à une délation qui coûta très cher en vies humaines. «Plus de 7 000 personnes, hommes et femmes, furent impliquées dans les poursuites et plus de 6 000 incarcérées ou condamnées à mort.»[4]Cette réaction brutale contre le dionysisme n'a pas été sans frapper les anciens. Tite-Live notera : «Une grande terreur se répandit à Rome et en Italie. [...] Tous les initiés coupables furent décapités, les autres retenus en prison et le nombre des condamnés à mort dépassa celui des prisonniers. Les femmes furent remises aux mains de leurs parents ou de ceux en puissance de qui elles se trouvaient pour qu'ils les fissent exécuter.»[5]Un peu plus tard, commenceront les persécutions à l'endroit des chrétiens, lesquels parvenus au pouvoir useront de la même intolérance envers ceux qui restaient fidèles à leurs croyances. Ainsi oscilla le balancier de l'intolérance.

 

Les proscriptions

 

Le second épisode d'intolérance couvre les longues guerres civiles qui ont vu s'opposer l'oligarchie romaine et le reste des citoyens qui, dégoûtés du vieil état de choses, aspiraient à un bouleversement total des règles du jeu. Commencées sous les Gracques, les guerres civiles s'intensifieront avec l'arrivée de Marius et Sylla. Elles se termineront par le triomphe d'Octave/Auguste, une fois sa victoire sur Marc Antoine décisive. Pendant ces longues années chaotiques, les vainqueurs éphémères procédèrent à des proscriptions visant l'élimination systématique de leurs adversaires. À Rome, la violence semble devoir et pouvoir tout régler. Ces purges de clans (ou de leurs figures marquantes) ont laissé le Sénat plus ou moins exsangue et l'ordre équestre a pu prendre un nouvel essor. Le second triumvirat sous l'égide d'Antoine, Lépide et Octave décrétera une autre proscription envers leurs plus importants adversaires. L'historien Appien parle de 300 sénateurs et 2 000 chevaliers mis à mort, dont Cicéron, assassiné au moment où il tentait de fuir.[6]Ces guerres, à toutes fins pratiques, constituaient des guerres de clan. Avec les clans regroupés autour d'un chef (Marius, Sylla, Pompée, César, Marc Antoine et Octave), on assiste au développement de l'esprit individualiste. Dès lors, et plus particulièrement sous le règne de César, on en vint à considérer, par la force des choses,  que le salut de l'État dépendait du salut d'un seul. Il y a donc revirement politico-idéologique. Le culte de la personnalité commence à l'Ère des Poissons. Beaucoup de ceux qui ont péri ont été lents à comprendre la nature de l'impasse à laquelle les acculaient les enjeux de ces guerres de clans. Or, chacun des clans pour triompher, ne serait-ce que temporairement, a dû s'appuyer sur la puissance dissuasive et active de ses légions.

 

Le sixième rayon et le mirage du matérialisme

 

L'une des principales causes du déclin de la République a été l'introduction massive de l'or et des esclaves à la suite des guerres et des conquêtes. Laissons à l'historien Salluste le soin de raconter comment s'est opérée la dégénérescence du peuple romain. «Lorsque la richesse commença à devenir un titre d'honneur, qu'elle s'accompagna de gloire, des commandements, de la puissance politique, la vertu s'émoussa, la pauvreté devint la honte, l'intégrité de la malveillance. Ainsi, à la suite des richesses, l'amour des plaisirs, l'avidité, accompagnés de l'orgueil, envahirent la jeunesse : et de piller, de dépenser, de mépriser son propre bien, de convoiter celui d'autrui, de confondre dans même mépris honneur, pudeur, lois divines et humaines, sans respect ni retenue.»[7]Dans une société en passe de devenir hédoniste, il faut s'interroger sur la cause spirituelle de la crise des valeurs. Or, cette crise est intrinsèquement liée au mirage du matérialisme. Le mirage du matérialisme n'est pas exclusif au sixième rayon, mais il a fortement influencé la fin de la République romaine et les débuts de l'Empire. Ce puissant mirage en connexion avec le désir a causé une énorme détresse dans le monde romain et continue de le faire encore de nos jours. Intérêt pour l'argent, amour des possessions, inclination au luxe ostentatoire, etc. Mais revenons à Rome de plus en plus confrontée à l'instabilité politique et à l'inadéquation des institutions pour faire face aux nombreuses crises qui l'assaillent. De graves mouvements monétaires ont provoqué entre autres la crise monétaire (-92 à -86) et une crise financière non moins importante entre -89 et -88 à tel point qu'en janvier -89, un prêteur (magistrat judiciaire) fut massacré en plein Forum en voulant proposer une loi contre le prêt usuraire.[8]La pensée collective romaine de cette époque ne connaît pas de très hautes envolées philosophiques et spirituelles. À l'exception de quelques grandes figures, dont Cicéron qui a réfléchi à la structure idéale du meilleur mode de gouvernance, Rome n'a pas réussi à concilier l'équilibre entre le pôle matériel et le pôle spirituel. C'est pourquoi les meilleurs penseurs s'alimentaient directement au terreau de l'éthique formulée en Grèce à partir du rayonnement des grandes écoles philosophiques.

 

 

 

 

Gigantisme des jeux et démesure

 

Dès la fin de la République et au début de l'Empire, la portion des jours fériés comparée à celle des jours travaillés devient de plus en plus importante. Dans la Rome impériale, on comptera jusqu'à 190 jours fériés. Quant aux jeux publics, on leur accordera 60 jours, sans compter les nombreuses multiplications qui surviendront au fur et à mesure que les dirigeants de l'État célébreront leurs triomphes. Depuis longtemps, on importait d'Afrique des fauves pour les massacrer durant les jeux. Sous Sylla cependant, on poussera l'excès jusqu'à faire venir des chasseurs spécialisés pour les combattre dans l'arène. «César, lui, frappa les esprits en faisant appel à 320 paires de gladiateurs à l'occasion d'un munus[9]offert à l'intention de son père, puis lors de spectacles donnés au moment de ses triomphes en faisant combattre 400 lions (tous sacrifiés), plus des taureaux attaqués à cheval, 20 éléphants opposés à un millier d'hommes à pied ou à cheval, et pour la première fois une girafe.»[10]Constatant la dégénérescence des Romains, Juvénal dira plus tard de ce peuple déchu qu'il «ne souhaite plus avec une anxieuse convoitise que deux choses au monde : du pain et des jeux.»[11]Le goût effréné pour les fêtes, l'absence totale de comesure en éthique, la répugnance au travail et à ses vertus ont eu pour conséquence d'anémier progressivement l'énergie psychique des Romains et d'accélérer la décadence de l'Empire, de sorte que par un juste retour du balancier, les envahisseurs d'hier furent envahis à leur tour par les Barbares quelque quatre siècles plus tard. Qu'on ne s'y trompe pas, le gigantisme des jeux ne fut qu'une hideuse excroissance du mirage du matérialisme.                                            

 

La mutation culturelle de la société romaine par l’hellénisation des élites

 

À côté des guerres et des ravages consécutifs à la perte des anciennes valeurs de la «virtus» romaine,  on assiste à une hellénisation puissante de la littérature, de l'art et de la religion en faveur dans les classes dirigeantes. Le grand Cicéron, digne représentant de la nobilitas, se fait un point d'honneur d'étaler une culture essentiellement grecque. «Même César est un romain profondément hellénisé. Au moment de son assassinat, son petit-neveu, Octave, est en Grèce.» [12] Signalons enfin à ce chapitre qu'à Rome vont pénétrer trois doctrines philosophiques grecques : le stoïcisme, l'épicurisme et le platonicisme. De ces trois courants cependant, le stoïcisme rencontrera davantage la sensibilité  des Romains.  Cet engouement pour la Grèce, pays conquis et allié, scellera petit à petit le besoin de préserver, de restituer et d'exposer les oeuvres d'art «accaparées». Nous avons parlé plus haut du mirage du matérialisme qui sévissait dans la République. Certes, les esprits éveillés de l'intelligentsia romaine réagissaient fortement contre ces dérives matérialistes qu'ils rendaient responsables de la perte de la «virtus». C'est pourquoi à la naissance l'Ère des Poissons, des réactions hostiles au pillage systématique des pays conquis commencent à se faire entendre, des réactions inspirées par l’hellénisme et par la prise de conscience qu'il fallait respecter les liens noués avec les pays amis. Les oeuvres d'art ont un pouvoir curatif exceptionnel ; elles élèvent le goût et le sens de l'appréciation de la beauté, ferment de toute évolution réussie. C'est pourquoi les forces du mal essaient de les soustraire à la vue du plus grand nombre, ce à quoi se sont employés également les nazis lors de la Seconde Guerre mondiale. Une idée nouvelle perce par ailleurs, à savoir que les trésors doivent profiter à tous. Par exemple, Lucullus, à son retour d'Orient en -66, ouvrira sa bibliothèque personnelle aux lettrés de son entourage. De son côté, Cicéron, brillant orateur et penseur, critiquera fortement l'accumulation de chefs-d'oeuvre dans les collections privées. Plus tard, Agrippine «définira et lancera une grande politique de la culture en mettant les chefs-d'oeuvre de la littérature à la disposition de tous par la création de bibliothèques publiques et même les grandes oeuvres d'art par l'installation de musées dans les nouvelles constructions du Champ de Mars.»[13]Ainsi s'instille petit à petit dans la conscience des plus éclairés la nécessité de la primauté du bien commun sur les prérogatives individuelles.

 

Les signes n'ont pas suffi

 

Les changements d'ère marquent des points tournants dans l'évolution planétaire, car l'humanité doit affronter à la fois ses ombres et ses aspirations aux changements. Les forces en présence sont de nature duelle et conflictuelle, attendu que l'énergie d'un rayon ne peut avoir la suprématie sur l'autre pendant la période de transition dans la mesure où il en résulterait une destruction planétaire généralisée. L'évolution procède lentement et de façon rythmique afin de préserver la Loi d'équilibre rythmique. Cependant, quand les nouvelles énergies disponibles sont refusées, soit sur un continent ou sur un territoire donné, elles provoquent des chocs en retour puisque la résistance à la dynamique de l'évolution ne peut être que balayée. À chaque changement de race, le Feu survient comme un courant purificateur. Il agit de même lors des changements d'ère. Pourtant, il y a eu plusieurs signes annonciateurs du déclin de la République. «En 48, l'année de Pharsale, les phénomènes célestes se succèdent à un rythme accéléré: comète, éclairs dans un ciel serein, foudre sur le "sommet latial", étoiles en plein jour, dérèglement du système solaire et lunaire, éruption de l'Etna, embrasement de l'autel albain de Vénus, etc.»[14]Les esprits éclairés y virent des avertissements par le Ciel envoyés, mais rien n'y fit. Les horreurs de la guerre se poursuivirent de plus belle. Rome était en sursis, encore incapable d'anticiper les conséquences de telles perturbations. À un moindre degré, la République agonisante revivait les mêmes dépravations qu'à la fin de l'Atlantide. Les leçons à tirer du continent disparu avaient été oubliées.

 

 

 

Les crises servent de catalyseur à l'évolution

 

Les dévastations surviennent quand le Feu de l'Espace fusionne avec son précipité souterrain (tremblements de terre et éruptions volcaniques) à la suite d'une rupture d'équilibre dans la biosphère planétaire, et dans des territoires particuliers. Là où les forces de l'esprit ont été brimées,  court-circuitées, alors survient la purification de tout ce qui contrevient aux Lois de l'Évolution. La conscience des êtres vivants pollue souvent la qualité de l'aura planétaire ; on parlera ici d'émanations toxiques comme il y en eut durant cette période de transition. Ces émanations (teintées d'un appétit de jouissance exacerbé) comportaient de graves dangers en ce qu'elles entraînaient un choc en retour destiné à les purifier. Rappelons que la Terre se nettoie de deux façons : par l'eau et par le feu. La destruction de Pompéi et d'Herculanum le 24 août 79 constituait la réponse immédiate aux dérèglements des feux de l'espace nourris par la dépravation et les insanités de la grande région de Rome. Mais ce n'est pas tout. Au chapitre des dérèglements du feu, on doit par ailleurs prendre en compte les cycles d'apparition de la peste. Au moment des guerres fratricides entre les clans marianistes et syllaniens, à l'été -87, une épidémie de peste avait débuté. Il est facile de dresser un ordre de corrélations durant l'Ère des Poissons à partir de l'apparition des épidémies de peste et les grands désordres sociaux survenus en Occident. Qu'on pense notamment à la grande peste de 1347 au moment de la guerre de Cent ans. Sous l'Empire, Rome enregistra deux autres grandes pestes à quelque deux cents ans d'intervalle. Un mot en terminant sur le premier décan des Poissons : un décan saturnien. Ce décan offrait aux Romains de la fin de la République une occasion de liquider leur karma collectif. Or, paradoxalement, la méthode spirituelle employée était celle du conflit et de la guerre. Faut-il s'en étonner?

 

A. K.

 

Sources consultées

 

Bailey, Alice A., (1992), La destinée des nations, Genève, Éditions Lucis, 137 p.

Bailey, Alice A., (1972), Traité sur les 7 rayons, volume I,Genève, Lucis, 445 p.

Bailey, Alice A. (1967), Traité sur les 7 rayons, volume II, Genève, Lucis, 718 p.

Le Glay, Marcel (2005), Grandeur et déclin de la République,Perrin, Paris, 514 p.

Le Glay, Marcel (2007), Grandeur et chute de l'Empire, Perrin, Paris, 883 p.

 

Site Web         Les Bacchanales

www.cosmovisions.com$Bacchanales.htm

  



[1]Bailey, Alice A. (1967), Traité sur les 7 rayons, volume II, Genève, Éditions Lucis, p. 658.

[2]Bailey, Alice A., (1992), La destinée des nations, Genève, Éditions Lucis, p. 110.

 

[3]Idem, p. 111.

[4]Le Glay, Marcel (2005), Grandeur et déclin de la République, Perrin, Paris, p. 212.

[5]Idem, p. 213.

[6]Idem, p. 358.

[7]Idem, p. 340.

[8]Idem, p. 485.

[9]En latin munus désigne un spectacle.

[10]Le Glay, Marcel (2007), Grandeur et chute de l'Empire, Perrin, Paris, p. 239.

[11]Idem, p. 240.

[12]Le Glay, Marcel (2005), Grandeur et déclin de la République, Perrin, Paris, p.194.

[13]Idem, p. 197.

[14]Idem, p. 458.