Le mythe d'Ouranos Cronos (Saturne)

Le mythe Ouranos Cronos (Saturne)


Nous allons, pour essayer de pĂ©nĂ©trer plus avant les enjeux du lien entre Uranus et Saturne, nous adresser Ă  la mythologie  grĂ©co-romaine dans une partie qui met en scène les dieux portant le nom des deux planètes dont nous parlons : Ouranos-Uranus le Ciel Ă©toilĂ© et Cronos-Saturne son fils apparaissent dans la ThĂ©ogonie d’HĂ©siode. DĂ©tour par la mythologie parce que les mythes sont chemin de Connaissance et que sous leurs apparences infantiles, ils cachent des trĂ©sors symboliques inestimables. PrĂ©sentant l’intĂ©rĂŞt de s’adresser Ă  notre intĂ©rioritĂ© et Ă  notre imaginaire autant qu’à notre intelligence, « le mythe rend compte d’une rĂ©alitĂ© supĂ©rieure intransmissible Ă  notre mental banal sans un truchement. »(1) « On raconte aux petits enfants des histoires pour s’endormir. Les mythes m’apparaissent comme des histoires racontĂ©es aux grands pour s’éveiller. »(2)


1. Ouranos né de Gaïa.


 

   Au commencement du monde, dit HĂ©siode, il y eut Chaos, puis GaĂŻa la Terre qui enfanta seule le Ciel Ă©toilĂ©, Ouranos, son Ă©gal en grandeur. Le Ciel Ă©toilĂ©, symbole de transcendance par la lumière des Ă©toiles qui s’y trouvent, manifestation de puissance et de sacralitĂ©, dieu de l’éternitĂ©, est donc issu des profondeurs tĂ©nĂ©breuses et chaotiques de GaĂŻa, la Terre-Matière.

Un certain nombre de sages relatent des expĂ©riences confirmant cette prĂ©sence de la lumière dans la matière. Parmi eux, Satprem, disciple d’Aurobindo et confident de la Mère qui Ă©crit : « Mère me disait toujours […] qu'il fallait aller chercher d'abord le Supramental lĂ -haut -- ce qu'elle ne me disait pas, c'est qu'il fallait aller le chercher lĂ -haut avec la conscience matĂ©rielle, corporelle ! […]  On grimpe au ciel pendant des jours et des heures, pour trouver le ciel sur la Terre. Le ciel est dans la Matière, au fond de la Matière : ce sont toutes les couches intermĂ©diaires (mentales, vitales, etc.) qui font une gangue ou un cocon de Mensonge lourd Ă  traverser. Et quand c'est traversĂ©, la Matière est elle-mĂŞme, c'est-Ă -dire qu'elle est divine! Â»(3)

Allant dans le mĂŞme sens, cet extrait des Dialogues avec  l’Ange :


« Au creux de la matière inerte --

le germe primordial.

Il s'est élancé vers le haut,

il a percé la matière, épaisse, aveugle.

Il l’a dĂ©passĂ©e, il s'est transformĂ©. Â»(4)


            Ce Ciel Ă©toilĂ© porteur de Lumière a Ă©tĂ© enfantĂ© par GaĂŻa, nous dit le mythe, « pour qu’il la couvrit toute entière et qu’il fĂ»t une demeure sĂ»re pour les dieux heureux Â», autrement dit pour qu’il la protège en quelque sorte d’elle-mĂŞme, du chaos initial dont elle est issue et porteuse. Ce qui sous-entend que pour le moment, les dieux heureux, nos IdĂ©aux, nos qualitĂ©s dans ce qu’ils peuvent avoir d’Absolu et de sublime, n'ont pas de demeure sĂ»re, ne sont pas en sĂ©curitĂ© et ne peuvent s’épanouir que dans la mesure oĂą nous les enfantons, oĂą nous les projetons hors des tĂ©nèbres de l’Inconscient que reprĂ©sente la Terre, et dans la mesure oĂą elles sont mises au-dessus de la Terre, la couvrant.


·    Uranus, le Principe crĂ©ateur prĂ©sent en nous aurait donc vocation Ă  devenir une demeure sĂ»re pour les dieux heureux c'est-Ă -dire le protecteur de nos qualitĂ©s sublimes, de nos idĂ©aux. Le lieu oĂą il se trouve dans un thème, ou bien le lieu qu'il transite, est un lieu oĂą nous devons aller chercher le ciel dans la matière, et l’enfanter, un lieu oĂą nos idĂ©aux, notre part de gĂ©nie et de lumière crĂ©atrice devraient trouver Ă  s’épanouir et Ă  s’exprimer.


         Mais au dĂ©part, cette union d’Ouranos et de GaĂŻa s’apparente Ă  une indiffĂ©renciation de plus, puisque tout en Ă©tant sorti de GaĂŻa, Ouranos la couvre entièrement dans une fusion totale, comme avant. GaĂŻa continue pourtant Ă  enfanter seule les hautes montagnes, et puis la mer stĂ©rile qui bout furieuse, c’est-Ă -dire des personnages de l'ordre de la cosmogonie.                                Tandis que les eaux des violentes Ă©motions recouvrent la Terre, les hautes montagnes quant Ă  elles permettent l'Ă©lĂ©vation, un peu comme si GaĂŻa, après avoir expulsĂ© d'elle le Ciel, mettait immĂ©diatement en place ce qu'il faut pour recrĂ©er le lien avec lui. L'ange dit encore :

 

« La surface du globe est ondoyante.

L'eau, la mer la recouvrent.

Le sommet de la montagne Ă©merge.

Le sommet de la montagne, l'île, c'est l’Individualité. (Le mot Hongrois individualité, egyén, est composé de deux mots : « un -- moi », egy-én (note du traducteur)).

La multitude reste sous l'eau. »(4)


 

 Â·  Uranus, le Principe crĂ©ateur prĂ©sent en nous aurait donc vocation Ă  devenir une demeure sĂ»re pour les dieux heureux c'est-Ă -dire le protecteur de nos qualitĂ©s sublimes, de nos idĂ©aux. Le lieu oĂą il se trouve dans un thème, ou bien le lieu qu'il transite, est un lieu oĂą nous devons aller chercher le ciel dans la matière, et l’enfanter, un lieu oĂą nos idĂ©aux, notre part de gĂ©nie et de lumière crĂ©atrice devraient trouver Ă  s’épanouir et Ă  s’exprimer.  


2. Naissance des enfants d’Ouranos et de Gaïa.


 

   GaĂŻa unie Ă  Ouranos, mit ensuite au monde toute une sĂ©rie d’enfants, plus ou moins monstrueux, les Titans, et le dernier d’entre eux fut Cronos, qui deviendra le Saturne des Romains, et qui Ă©tait, nous dit HĂ©siode, le plus terrible d’entre eux, rusĂ©, et qui haĂŻssait son père dès le jour de sa naissance. Elle enfanta aussi les Cyclopes Ă  l’œil unique et les HĂ©catonchires, monstres Ă  cent bras et Ă  cinquante tĂŞtes, des violents eux aussi odieuxĂ  leur père dès l’origine.

Ces enfants-là, nés cette fois de l’union d’Ouranos et de Gaïa, sont des dieux se comportant comme d'authentiques personnes avec une psychologie individualisée, des passions, etc....Le nom des cyclopes, issu de kuklos, cercle, cycle, suggère l’idée de manifestation inhérente au cercle, manifestation de la lumière étoilée d’Ouranos dans la matière.


·     Uranus, Ă  l’endroit oĂą il se situe dans un thème, en natal ou en transit, vient fĂ©conder la Terre-Matière, notre personnalitĂ©, de sa lumière pour que cette lumière puisse se manifester, s’incarner, s’exprimer Ă  travers une crĂ©ativitĂ© très personnelle et unique.


            Mais ces enfants, contenus tout comme l’était Ouranos dans le ventre de la Terre, tels nos instincts dans l’Inconscient, sont pour le moment assez monstrueux, il faut bien le dire ! Tous dotĂ©s d’une force et d'une puissance phĂ©nomĂ©nales, ils nous apparaissent dans une certaine ambivalence. Car issus des profondeurs de la Terre encore proches du Chaos originel, ils sont d’une violence et d’une force extraordinaires tout en dĂ©tenant la possibilitĂ© de manifester la lumière. Peut-ĂŞtre pourrait-on voir dans cette monstruositĂ© l’effet des forces cĂ©lestes lorsqu’elles se dĂ©versent telles quelles dans la Matière. La lumière du ciel (Uranus) est d’une telle puissance qu’en l’état, elle nous apparaĂ®t comme violente et monstrueuse au niveau de nos vibrations terrestres qui doivent se transformer avant de pouvoir assimiler ces dons du ciel.

Voici ce qu'en dit l'ange des Dialogues :

 

Soyez attentifs ! La Lumière que nous donnons

est atténuée deux fois.

Car le monde prendrait feu Ă  sa force.

Nous la filtrons avec nos ailes.

Élevez-vous ! La Lumière ne peut venir qu'ainsi.

Filtrez-la de nouveau !

LE FEU DESCEND SUR LA TERRE.(4)


·    On voit donc ici l'ambivalence des crĂ©ations uraniennes, chaudes et sèches, violentes en mĂŞme temps que porteuses de lumière. On sent ici une certaine prĂ©cipitation, une crĂ©ativitĂ© qui n'est pas franchement maĂ®trisĂ©e, et qui peut dĂ©boucher sur des Ĺ“uvres plus ou moins acceptables et gĂ©rables dans la matière. Uranus est donc Ă  l'origine d'une crĂ©ativitĂ© intempestive, particulièrement forte et puissante, pulsionnelle, Ă  tel point qu'elle peut facilement dĂ©border et heurter, engendrer agressivitĂ© et violence dans le lieu oĂą se trouve ou bien oĂą transite la planète.


   Cronos, le dernier-nĂ© des Titans, le plus terrible de tous, haĂŻssait son père dès sa naissance. Haine partagĂ©e par Ouranos Ă  l’encontre de tous ses enfants. On est bien ici, avec la haine, en prĂ©sence des instincts dans ce qu'ils ont de plus destructeur. Une haine qui est sans doute faite d’incomprĂ©hension entre un père dont la matĂ©rialisation de sa force (Ă  travers GaĂŻa) donne des monstres qu’il prĂ©fère ignorer, et un fils qui, issu du ciel et de la terre, n’assume d’emblĂ©e pas sa part cĂ©leste, puisqu'il va faire alliance avec sa mère terrestre contre son père, nous le verrons plus loin.


·       Nous voyons ici une première possibilitĂ© des rapports entre Saturne et Uranus, lorsqu'ils sont disharmonieux. Leur opposition dans le ciel est propre Ă  susciter la haine et des sentiments incontrĂ´lĂ©s d’ordre pulsionnel. TĂ©moins dans le monde les attentats, Ă©meutes et rĂ©voltes en tous genres aboutissant rĂ©gulièrement Ă  des dĂ©bordements de violence auxquels nous assistons depuis que cette opposition occupe notre ciel (novembre 2008 Ă  juillet 2010). RĂ©volte et nervositĂ©, manque de contrĂ´le que nous pouvons Ă©videmment ressentir aussi au niveau individuel, particulièrement dans le lieu oĂą transite cette opposition dans notre thème (et ce d’autant plus si en natal, ces deux planètes sont liĂ©es par des aspects disharmonieux).


3. Enfermement.


            Ouranos haĂŻssant tous ses enfants, il les ensevelit dans les profondeurs de la terre.  Ce faisant, il renvoie dans l’ombre de l’inconscient sa force, c’est-Ă -dire qu’il ne l’assume pas telle qu’elle se manifeste dans la Terre. Assimilant de la sorte ses enfants Ă  la Terre, il oublie qu’ils sont aussi porteurs de sa lumière, de sa force, et du pouvoir d’action toute-puissante de l’Esprit.

Et pendant qu’il se réjouissait de cette mauvaise action, Gaïa souffrait et gémissait de cet état, elle qui avait expulsé Ouranos pour libérer la lumière contenue en elle. Elle qui cherchait à se manifester pour se connaître dans sa part de ciel étoilé, se retrouve bloquée, enserrée et immobilisée par Ouranos, et à nouveau envahie par un chaos et une confusion dont elle cherchait précisément à sortir. Ouranos, porteur du principe céleste de l’immutabilité, se réjouitde cette immobilisation de la terre car elle lui permet de garder le pouvoir sur la matière, tout en la remplissant de ses œuvres. Et ce faisant, d’échapper à la dualité et d’éviter de s’y confronter. Mais « au niveau du créé, le principe « Immobilité » se manifeste sous l'aspect structure, forme : Rigueur et Justesse de la place et de la forme de chaque élément du monde sensible. »(1) On comprend bien alors que Gaïa va devoir employer tous moyens à sa portée afin que chaque chose retrouve sa juste place, et c’est Saturne qui va y contribuer.


·    Uranus est donc un principe de pĂ©nĂ©tration dans la matière, d’enfantement d’une force et d’une lumière phĂ©nomĂ©nales au point de paraĂ®tre monstrueuses dans le monde incarnĂ©. Il reprĂ©sente dans notre thème un lieu oĂą nous disposons de cette lumière et oĂą nous risquons de la dĂ©verser telle quelle, Ă  l’état brut dans notre vie, provoquant scandales et rĂ©bellions. Sur un plan intĂ©rieur, Uranus peut engendrer des monstres que nous refusons d’assumer et que nous rejetons et immobilisons dans l’Inconscient. Ce faisant, nous Ă©vitons de nous y confronter, au risque de blesser GaĂŻa, la Mère intĂ©rieure, la Matière, le corps qui cherche Ă  s’organiser, la personnalitĂ© qui aspire Ă  amener au jour cette vie pulsionnelle qui grouille en elle, qui cherche donc la diffĂ©renciation Ă  travers un monde oĂą existe la lumière de la conscience.


4. Révolte de la Terre-Matière.


   Un jour enfin, GaĂŻa en eut assez, et dĂ©cida de rĂ©agir. Elle crĂ©a le fer et en fit une faux, symbole du temps qui s’écoule inexorablement (symbole de mort de ce fait), introduisant ainsi le monde dans une dimension temporelle qui n’existait pas auparavant, et qui rĂ©pond au besoin de structure et de forme du monde crĂ©Ă©. Le fer offre Ă  l’outil des qualitĂ©s de robustesse, mais symbolise aussi la duretĂ©, la rigueur excessive, l’inflexibilitĂ© (c’est le mĂ©tal reliĂ© Ă  Mars). Dans un paradoxe apparent, la faucille servant Ă  rĂ©colter la moisson, elle nous renvoie Ă  l’idĂ©e de fertilitĂ©. On retrouve ici Ă  nouveau une ambivalence liĂ©e Ă  cette notion de temps, celui-ci amenant l’idĂ©e de cycle, donc de mouvement, de mort et de vie.

   GaĂŻa proposa ensuite Ă  ses enfants de se venger du comportement insupportable de leur père. TerrifiĂ©s, ils commencèrent par se taire. Puis Cronos-Saturne finit par accepter la terrible mission de sa mère, lui qui deviendra justement le dieu du temps. On pourra noter que « le nom de « Saturne », comme le « plomb », se dit en hĂ©breu Ophereth עפרת. Ce mot comprend essentiellement la racine Parפר, symbole de fĂ©conditĂ©, saisie dans ת ע Eth, le « temps ». ת ע[Eth ] est l’anneau de Saturne. Le Verbe פרה Paro est le verbe « croĂ®tre »… » (1) Le nom de Saturne suggère donc l’idĂ©e d’une fĂ©conditĂ© qui serait incluse dans le temps, et Ă  l’origine d’une croissance. Mais c’est justement cette inclusion de la fĂ©conditĂ© dans le temps qu’Ouranos refuse dans le mythe.

   Si c’est Saturne le dieu du temps qui accepte d’accomplir la vengeance de sa mère, c’est qu’il ne jure que par la rigueur et l’austĂ©ritĂ©, et que sans doute il hait son père pour tout ce que celui-ci reprĂ©sente de chaotique et d’intempestif. En mĂŞme temps, la Rigueur, dans l’Arbre des SĂ©phiroth, correspond au cĂ´tĂ© fĂ©minin, c’est-Ă -dire celui de la rĂ©ceptivitĂ©, en attente de la lumière faite germe. Cronos semble donc ici reprĂ©senter ce fĂ©minin dont la vocation est l’accueil de la lumière ouranienne dans les tĂ©nèbres de la Terre.


·     Le lien Uranus Saturne est donc fait d’une contradiction apparente entre chaos et structure, fĂ©conditĂ© intempestive et austĂ©ritĂ©, dĂ©sordre et rigueur, confusion et ordre, crĂ©ativitĂ© non contrĂ´lĂ©e et maĂ®trise. Contradiction qu’il faudra dĂ©passer dans l’optique de « croissance » suggĂ©rĂ©e par le nom mĂŞme de Saturne, qui en tant que fils d’Ouranos, contient en lui le germe de fĂ©conditĂ© de son père, le Ciel. « Il n'y aura aucune croissance sans accepter de se faire germe et de se laisser capturer le temps nĂ©cessaire dans les limites d'une structure ».(1) Il apparaĂ®t donc assez clairement que pour que la lumière d’Uranus dans un thème puisse ĂŞtre intĂ©grĂ©e dans la matière, incarnĂ©e, il faut lui mettre des limites saturniennes, la cadrer (c’est ce que nous racontera l’épisode de la castration d’Ouranos par Cronos).


   Ă€ ce stade du mythe, HĂ©siode nous parle beaucoup de culpabilitĂ© et de vengeance. La « faute » dont Ouranos s’est rendu coupable rĂ©side dans le fait de ne pas laisser d’espace Ă  GaĂŻa et Ă  ses enfants, de ne pas leur reconnaĂ®tre de vie indĂ©pendante de lui, de ne pas respecter les limites de la matière dont pourtant il est issu et dont il continue Ă  se servir. Sa faute est dans le fait qu’il ne se fait pas germe de lumière, mais force foudroyante et violente au regard du crĂ©Ă©.


·      Le lien Uranus Saturne, lorsqu’il est disharmonieux, est chargĂ© de culpabilitĂ©, de peur, de ressentiment, d’esprit de vengeance, de duretĂ© et d’inflexibilitĂ©, de rigiditĂ©, de violence, de manque de respect. Mais on pressent aussi que ce lien peut aboutir Ă  une forme de fertilitĂ©, de robustesse.


5. Castration d’Ouranos par Cronos.


 

            GaĂŻa se rĂ©jouit de l’attitude de Cronos et le cacha dans un endroit secret, lui mettant dans sa main la faux qu’elle avait fabriquĂ©e, et lui expliquant ce qu’il avait Ă  faire.Ce faisant,elle lui dĂ©lègue ses pouvoirs sur le temps et la fertilitĂ©, le chargeant du poids de l’histoire familiale qu’il doit rĂ©gler pour l’ensemble. Car en tant que dernier-nĂ© des enfants d’Ouranos et de GaĂŻa, il est en quelque sorte le reprĂ©sentant de l’ensemble de la fratrie, le dĂ©positaire de la totalitĂ© de l’histoire familiale,celui qui portant tout son poids se sent de ce fait le plus concernĂ© par sa rĂ©solution : il va donc prendre sur lui la responsabilitĂ© d’y couper court, et s’identifiant Ă  sa mère la Terre, accepter la mission que celle-ci lui confie, et qui consistera Ă  castrer son père.


·     Saturne dans un thème reprĂ©sente donc le lieu oĂą se cristallise l’ensemble du poids familial, (c’est d’ailleurs aussi ce que disent les astropsychogĂ©nĂ©alogues) et peut-ĂŞtre surtout des diffĂ©rends qu’il peut y avoir eus entre les deux lignĂ©es parentales. Charge de transformer cet hĂ©ritage en richesse en le structurant, en Ă©laguant, en tranchant.

·     Plus largement, Saturne est fils de GaĂŻa et d’Ouranos, et donc porte les gènes de la Terre, c’est-Ă -dire de la Matière, du monde incarnĂ© auquel il s’identifie, et les gènes de son père cĂ©leste, ceux d’une fĂ©conditĂ© divine incluse dans son nom, mais qu’il commence par refuser, et qu’il lui va falloir conquĂ©rir. Lorsque Saturne et Uranus sont en opposition, Saturne risque de faire alliance avec la Matière contre le Ciel Ă©toilĂ© de la transcendance.


   Lorsqu’Ouranos vint, la nuit suivante, couvrir sa femme comme toutes les nuits plein d’un dĂ©sir d’amour, Cronos sortit de sa cachette, et attrapant le sexe de son père de sa main gauche, il trancha les parties gĂ©nitales de son père de sa main droite armĂ©e de l’horrible faux.Ouranos veut donc une fois de plus Ă©pouser la Terre en la fĂ©condant de sa lumière. Mais cette fĂ©conditĂ©, problĂ©matique parce que non contrĂ´lĂ©e, non assumĂ©e, se dĂ©verse comme un torrent dĂ©chaĂ®nĂ© dans le ventre de la Terre, semant un chaos et une insupportable confusion dans la matière. C’est donc tout naturellement Cronos, celui qui deviendra le dieu du temps, de la structure, le dieu qui tranche, qui accepte d’intervenir. Intervention nĂ©cessaire pour que les Ă©pousailles du Ciel et de la Terre ne soient pas imposĂ©es de façon unilatĂ©rale, mais qu’elles deviennent un choix librement consenti des deux cĂ´tĂ©s.


           Saturne va s’approprier la fĂ©conditĂ© de son père en se saisissant avec sa main (instrument de maĂ®trise et de domination) de son symbole mĂŞme,Ă  savoir ses organes gĂ©nitaux. Or « La main, en hĂ©breu Yad, est liĂ©e Ă  la connaissance : Yada – je « connais » -- veut aussi dire « j’aime ». […] Il s’agit de la connaissance expĂ©rimentale, celle que l’homme prend de la femme, celle que tout homme prend de tout Ă©lĂ©ment de la crĂ©ation […] Cette connaissance est mariage. Elle est amour. »(1) D’ailleurs, on dit bien : demander la main de quelqu’un en mariage.

Vu ainsi, Saturne, en se saisissant des organes génitaux de son père, cherche à s’unir à lui en épousant sa dimension céleste, il cherche à le connaître, dans le sens d’une expérimentation permettant une intégration, et non plus simplement dans le sens d’un pouvoir dominateur. D’ailleurs, « le désir d’amour » d’Ouranos ne serait-il pas aussi désir de connaissance de la matière, ceci afin de l’épouser en toute conscience lui aussi, de s’unir à elle totalement ? Cette connaissance liée à l’amour est une connaissance qui consiste en « des épousailles du Mi et du Ma ».(1)

Mais qu’est-ce que le « Ma » et le « Mi » ? Dans la Bible, et plus précisément dans la Genèse, nous apprenons qu’après avoir créé la Terre et les ténèbres, Dieu créa le premier jour la lumière et la sépara des ténèbres, faisant le jour et la nuit. Puis le deuxième jour, il « fit l’étendue, et il sépara les eaux qui sont au-dessous de l’étendue d’avec les eaux qui sont au-dessus de l’étendue ». (Genèse, I, 6-7). Ce sont ces eaux que la tradition hébraïque appelle Ma pour les premières, et Mi pour les secondes, séparées en même temps que reliées par « l’étendue », que Dieu appela Ciel, nous dit la Bible. (1)


·      Cette image du Mi et du Ma Ă©voque Ă©videmment Ă  l’astrologue le signe du Verseau, avec ses deux ondes sĂ©parĂ©es, et avec lui ses deux maĂ®tres, qui sont prĂ©cisĂ©ment Uranus et Saturne. On peut donc en dĂ©duire que ce signe a vocation d’unir les eaux du dessus et les eaux du dessous, celles du surconscient et celles de l’inconscient, et que les planètes maĂ®tresses de ce signe sont les agents de cette rĂ©-union.

·      Saturne, en se saisissant du symbole de la fĂ©conditĂ© d’Ouranos, cherche Ă  relier le monde manifestĂ© au monde cĂ©leste ouranien des archĂ©types. Le Verseau semble donc nous parler de l’« Homme point de rencontre de l'univers et des dieux »(1) rencontre suggĂ©rĂ©e par la double maĂ®trise sur ce signe de Saturne, porteur du projet de la Terre, et d'Uranus le Ciel. Ainsi, Saturne a vocation de rĂ©vĂ©ler la crĂ©ativitĂ© du Ciel Ă©toilĂ© sur la Terre. Sa main est la manifestation et porte la puissance d’Ouranos, et son acte vise Ă  reconquĂ©rir son unitĂ©, et Ă  « structurer de nouveaux champs de lumière » dans la matière.(1) Au final, chaque instant du temps saturnien pourra retrouver sa dimension d’éternitĂ© et de fĂ©conditĂ© ouraniennes. Leur opposition dans le ciel constitue une opportunitĂ© Ă  en prendre conscience et Ă  travailler dans ce sens, particulièrement dans l’axe des maisons concernĂ©es par leur transit.


6. Conséquences de la castration d’Ouranos sur la terre.

 


          Cronos rejeta ensuite les parties gĂ©nitales de son père derrière lui, tentant de relĂ©guer son crime dans le passĂ© pour le cacher, l’oublier, et essayer de se dĂ©charger du poids de sa culpabilitĂ©, qui vaprendre forme Ă  travers la naissance des Erinyes, GĂ©ants et nymphes des frĂŞnes appelĂ©es MĂ©liades, enfantĂ© par GaĂŻa Ă  partir des gouttes sanglantes d’Ouranos qu’elle recueillit. En effet, les Erinyes, crĂ©atures infernales aux cheveux entremĂŞlĂ©s de serpents, torches et fouets Ă  la main, autant que les MĂ©liades sont « les instruments de la vengeance divine », symbolisant « le remords, le sentiment de culpabilitĂ©, l'autodestruction de celui qui s'abandonne au sentiment d'une faute considĂ©rĂ©e comme inexpiable »(5) autrement dit la conscience qui interdit, condamne et dĂ©truit, le surmoi saturnien dans ce qu’il a de culpabilisant et de destructeur. Mais en fait, elles sont lĂ  pour rappeler Ă  l’homme l'existence du monde invisible dans les moments oĂą il oublie son essence divine et Ă  l’image de Cronos, jette derrière lui la fĂ©conditĂ© du ciel pour l'effacer,prĂ©occupĂ© qu’il est par sa rĂ©alisation dans la vie matĂ©rielle. C'est pourquoi, il est dit qu'elles resteraient dans le monde tant qu'y existerait le pĂ©chĂ©, c'est-Ă -dire tant que l'homme n'aurait pas intĂ©grĂ© totalement sa dimension divine. Autant dire qu’elles ont sans doute encore un bel avenir devant elles !La dĂ©mesure des GĂ©ants eux aussi faits de serpents et armĂ©s de lances, nous renvoie Ă  la dĂ©mesure de la fĂ©conditĂ© ouranienne qui engendre des monstres aux violents instincts non maĂ®trisĂ©s.  

Cronos voudrait donc oublier, mais Ouranos se rappelle  Ă  son bon souvenir en le chargeant de culpabilitĂ© suite Ă  sa castration : le castrer de sa part d'Ă©ternitĂ© engendre la culpabilitĂ©. Le pouvoir temporel que Cronos gagne Ă  travers le meurtre du père est entachĂ© par le crime qui en est Ă  l’origine : il ne pourra donc ĂŞtre exercĂ© sereinement, d’oĂą la conduite de Cronos qui plus tard va avaler ses enfants nĂ©s du temps.


·     La relation Saturne Uranus dans un thème ou dans le ciel risque donc d’être chargĂ©e de culpabilitĂ© aussi longtemps que n’est pas prise en compte la dimension spirituelle d’Uranus et que notre inscription dans le temps est coupĂ©e de sa dimension d’éternitĂ©, tant que nous sommes coupĂ©s de nous-mĂŞmes, divisĂ©s. CulpabilitĂ© particulièrement violente, et qui engendre entre autres angoisse, guerres et excès instinctifs dĂ©vastateurs.


   Mais les Erinyes peuvent aussi se transformer en EumĂ©nides, divinitĂ©s favorables et bienveillantes, protectrices des suppliants. C'est-Ă -dire en une conscience qui cette fois accueille celui qui reconnaĂ®t sa faute. L’arbre des MĂ©liades, le frĂŞne, est l’arbre cosmique par excellence, symbole de lien entre les trois niveaux du cosmos, et par qui descend le feu du Ciel. Ce qui rejoint aussi le symbolisme de la lance qu’elles portent (tout comme les GĂ©ants), vue comme axe du monde. La faute Ă  reconnaĂ®tre se rĂ©sume donc bien Ă  s’être coupĂ© des dieux, Ă  ne plus ĂŞtre reliĂ© au cosmos, et plus particulièrement au feu du Ciel, Ă  soi-mĂŞme dans sa dimension spirituelle.


   Derrière soi, il y aussi l’idĂ©e d’une lignĂ©e qui est derrière nous et sur laquelle nous pouvons nous appuyer, qui constitue nos racines, notre « base arrière », notre structure, saturnienne elle aussi au mĂŞme titre que la culpabilitĂ©. Lorsque l’on dit : « j’ai une foule, des amis ou soutiens derrière moi », on parle d’une protection. En somme, c’est grâce Ă  l’acte de la castration d’Ouranos que Saturne peut inclure sa fĂ©conditĂ© dans le temps, acte qui devient crĂ©ateur, condition indispensable Ă  cette intĂ©gration des vibrations ouraniennes au sein de notre vie terrestre incarnĂ©e, Ă  un niveau vibratoire que nous puissions supporter, qui soit Ă  la mesure de notre rĂ©alitĂ© physique. Saturne jouerait en quelque sorte le rĂ´le d’un transformateur de l’énergie du Ciel, Ă  condition qu’il accepte de se redresser dans la verticalitĂ©.

Car derrière aussi, à l’arrière de notre corps, est la colonne vertébrale qui nous fait tenir debout, qui nous soutient, qui nous verticalise, et nous savons que l’ossature est du domaine de Saturne. De plus, « une tradition raconte que nous avons à la base de la colonne vertébrale un petit os imputrescible que le feu même ne peut détruire ; il est notre noyau d’éternité. »(1)Y aurait-il un lien entre ce petit os imputrescible, noyau d’éternité, et la lumière ouranienne que Cronos jette derrière lui, comme pour trouver la force de se redresser pour recréer volontairement un lien qu’il vient de trancher ?


·     Le rĂ´le castrateur que Saturne joue vis-Ă -vis d’Uranus, son aspect souvent privatif et frustrant dans les maisons qu’il traverse, sont donc lĂ  pour nous permettre de pouvoir intĂ©grer le Souffle crĂ©ateur uranien, l’incarner, assimiler sa crĂ©ativitĂ© dĂ©bordante dans les limites de notre vie terrestre.

·     Tandis qu’à l’endroit d’Uranus qui perd son sang, il y a une notion de sacrifice, de « sang versĂ© » pour la fĂ©conditĂ© de la Terre, de sacrifice d’une forme de crĂ©ativitĂ© exubĂ©rante pour permettre Ă  cette dernière de s’incarner de façon « acceptable ».


7. Naissance de VĂ©nus.

 


           Les parties que Cronos avait jetĂ©es Ă©taient tombĂ©es dans la mer aux flots agitĂ©s.Le sentiment de culpabilitĂ© Ă©voquĂ© s’exprime ici Ă  travers l’agitation des flots marins, symboles de dĂ©bordements Ă©motionnels neptuniens et de passions instinctuelles destructrices, voire de violence.C’est lĂ  l’une des manifestations possibles d’un aspect difficile entre Uranus et Saturne.

          Mais en mĂŞme temps, par son geste, Saturne relie la fĂ©conditĂ© du Ciel (les eaux d’en haut) Ă  la fĂ©conditĂ© de la mer (les eaux d’en bas), nous offrant une illustration de la mère cosmique qui porte en son sein le germe de Vie. En quelque sorte, Saturne sème le germe uranien dans le milieu matriciel que reprĂ©sente la mer, afin qu'il s'incarne. Dans Le zodiaque, de Marcelle SĂ©nard, on peut lire (page 382) Ă  propos de Saturne : « Saturne vient de  SERO = semer ; en allemand  SAĂ‹N; anciennement Saturne s'Ă©crivait  SAEturnus.(6)  « En latin, il y a deux verbes : SERO d'origines diffĂ©rentes, l'un signifiant SEMER, l'autre ATTACHER.»(7) Dans la semence, Saturne « attache » l'essence Ă  la substance. »


·      Nous retrouvons ici l’idĂ©e que Saturne a pour rĂ´le de mettre en lien le germe du feu fĂ©condant cĂ©leste avec la fĂ©conditĂ© marine, afin que le feu primordial du surconscient vienne prendre forme et se dĂ©velopper au sein mĂŞme de l’inconscient. Saturne, dans sa fonction d’élagueur a vocation de nous ouvrir au monde de l’Invisible que reprĂ©sentent Uranus et Neptune, afin que puisse finalement s’incarner l’amour sur terre.

 


           Car tout autour des parties tombĂ©es qui flottèrent longtemps dans la mer, une blanche Ă©cume s'Ă©leva, d'oĂą naquit une jeune dĂ©esse,VĂ©nus Aphrodite, dĂ©esse de l’amour et de l’harmonie.Nous retrouvons la dimension du temps nĂ©cessaire pour que s’incarne harmonieusement l’Energie du Ciel. Ce temps nĂ©cessaire Ă  Saturne, semble Ă©tranger Ă  Ouranos, qui tout simplement est.


·     Dans le lien Saturne Uranus, il y a donc cette problĂ©matique du temps nĂ©cessaire Ă  la mise en forme dans le monde matĂ©riel et incarnĂ© du feu divin qui lui, est toujours lĂ , de toute Ă©ternitĂ©, Ă  chaque instant Ă©gal Ă  lui-mĂŞme. De ce choc de valeurs opposĂ©es peut naĂ®tre impatience et rĂ©volte, nervositĂ© et tension.


     VĂ©nus dĂ©esse de l'amour, de l'harmonie et de la beautĂ©, semble Ă  ce stade reprĂ©senter la rĂ©solution toutes les difficultĂ©s. Mais ce serait oublier qu’elle aussi a sa face d’ombre, celle d'une dĂ©esse colĂ©reuse et jalouse, toujours prĂŞte Ă  lancer des malĂ©dictions, ou de dangereuses faveurs, infidèle et souvent amoureuse, en particulier de Mars, le dieu guerrier, avec lequel elle se fera piĂ©ger et ridiculiser Ă  force d'amour passionnel. Autrement dit, Ă  un premier niveau, on peut se dire que de vouloir anĂ©antir la culpabilitĂ© en lui tournant le dos aboutit Ă  des levĂ©es d’instincts difficiles Ă  contrĂ´ler.


   Mais bien sĂ»r, VĂ©nus Aphrodite, « sortie de l'Ă©cume », nĂ©e du lien entre ciel et mer, entre feu et eau, est aussi le symbole d'une harmonie et d'une unitĂ© retrouvĂ©es. Elle est Ă©galement nommĂ©e CythĂ©rĂ©e Ă  la couronne : « l’homme qui a rejoint l’unitĂ© est roi, il est « couronnĂ© ».(1) La naissance de VĂ©nus est donc l’aboutissement de la castration d’Ouranos : c’est le retour Ă  l’unitĂ© qui couronne celui qui l’a conquise, unitĂ© entre Ciel et Terre, entre ciel et mer, entre supra conscience et inconscient, dont le fruit est l’harmonie, l’amour. La naissance de VĂ©nus est donc le signe que Cronos a reconquis le lien avec le Ciel.


           Mais Ouranos surnomma « Titans » les fils qu'il avait engendrĂ©s, disant qu'ils avaient Ă©tendu la main pour commettre un grand crime dont il serait tirĂ© vengeance dans l'avenir. Aussi Cronos immobilisera-t-il lui aussi le temps et l'espace en avalant ses enfants conçus avec RhĂ©a, autre dĂ©esse de la Terre, de peur de subir le mĂŞme sort que son père : la conquĂŞte de l'unitĂ© n'est pas encore dĂ©finitive, il faudra surmonter encore quelques obstacles avant d'arriver Ă  l'ordre cosmique que reprĂ©sentera Zeus. Mais ceci est un autre sujet.


·      Le lien entre Uranus et Saturne dans un thème devrait donc aboutir Ă  la naissance de l’harmonie, de l’amour et de la beautĂ© grâce Ă  l’incarnation par Saturne de l’étincelle cĂ©leste ouranienne. Tout un programme que l’actuelle opposition entre ces deux planètes nous propose de mettre en Ĺ“uvre, et ce particulièrement dans les domaines de l’axe des maisons concernĂ©es dans notre thème.


 

 

Dialectique Saturne Uranus :  quelques mots-clefs.

 

Saturne

Uranus

Terre. Froid et sec.

Inertie. RĂ©sistance au changement.

Immobilité.

Fécondité incluse dans le temps, ordonnée, organisée. Lumière intégrée dans la matière.

Durée. Lenteur de la maturation. Profondeur.

Castration. Inhibition. Introversion.

DĂ©pression.

Structuration. Surmoi.

Charpente. Os. Limites.

Contraintes. Travail. Principe de réalité.

Rigueur. Discipline. SĂ©rieux.

Stabilité.

Racines ancestrales. Traditions. Poids de l’histoire familiale. Envie d’oublier.

Conservateur.

Se couper de sa part d’éternité.

Coupe. Tranche. Se sépare pour grandir. Distanciation. Restriction.

Croissance. Verticalisation.

Avidité / Renoncement. Privation. Deuil. Frustration. Austérité. Ascèse.

Attachement / DĂ©tachement. Elagage.

Solitude. Isolement.

Semeur.

Feu. Chaud et sec.

Explosion. Mouvement. Ruptures.

Immutabilité.

Fécondité explosive et chaotique, monstrueuse et désordonnée. Lumière de la foudre. Fulgurance. Urgence. Soudaineté.

Génie créateur. Force pulsionnelle incontrôlée. Paranoïa.

Déstructuration. Poudrière.

Refus des limites. DĂ©mesure.

Liberté. Révolution. Principe de créativité.

Confusion, chaos. Excentricité. Scandale. Bouleversements.

Rupture avec le passé. Innovation à chaque instant. Changement. Individualisation.

RĂ©novateur.

Eternité.

Noyau d’éternité qui nourrit (os de la base de la colonne vertébrale imputrescible).

Eveil à la lumière. Emancipation.

Fraternité humaine faite d’individus à part entière. Autonomie. Indépendance.

Semence.


Points communs entre Uranus et Saturne


Tension. Rétraction. Raideur. Rigidité. Intransigeance. Inflexibilité. Dureté.

Distance. Impersonnalité.

Incompréhension, haine, vengeance. Refoulement. Culpabilité. Immobilisation. Ombre.

Pouvoir. Responsabilité.


RĂ©solution de l'opposition Uranus-Saturne


Robustesse. DĂ©termination. Affirmation saine et constructive.

Intégration de la fécondité céleste dans le monde de la matière.

« Filtration » du feu ouranien.

« Structurer de nouveaux champs de Lumière ».

Se laisser imprégner par les « eaux d’en haut ». Relier le monde manifesté à ses archétypes.

Conquérir et manifester la puissance du Ciel.

Accueil du Feu qui engendre.

Se souvenir de sa part d’éternité pour reconquérir l’unité.

Circoncire l’égo pour découvrir l’âme profonde, mettre au monde l’enfant divin.

Relier les eaux d’en-haut avec les eaux d’en bas pour que s’accomplisse l’inaccompli.

Semer le germe du ciel pour « attacher » l’essence à la substance.

Fécondation de la substance par l’Essence.

Accepter le facteur temps pour que la nouveauté trouve à s’intégrer et que puisse naître l’harmonie, Vénus.


Références bibliographiques:

(1) Le symbolisme du corps humain, Annick de Souzenelle, Éditions Dangles

(2) L'esprit de solitude, Jacqueline Kelen, Éditions de La renaissance du livre

(3) La vie sans mort, Satprem, Éditions Robert Laffont

(4) Dialogues avec l'ange, Gita Mallaz, Édition intégrale Aubier

(5) Dictionnaire des symboles, Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, Éditions Robert Laffont/Jupiter.

(6) Le zodiaque, Marcelle Sénard, Éditions traditionnelles

(7) Dictionnaire étymologique latin, Bréal et Billy




P.S. À suivre prochainement la troisième partie de l'article qui s'intitulera : Quelques pistes d'interprétation : Transit de l'oppositon Saturne Uranus en maisons.