Les décans planétaires

Les décans planétaires

 

Comme je suis sensible au vrai et à l'authenticité en matière de connaissances, je voudrais apporter des informations exactes concernant les attributions planétaires aux décans du zodiaque.

            Avant le début de l'assemblée générale d'Orian 2009, à la table où je me trouvais, une personne a soulevé cette question des décans planétaires et a fait circuler une feuille à ce sujet. Elle avait en main le livre de Didier Colin «l ‘Astrologie, histoire, pratique, croyance » (Hachette, 2008) dans lequel l'auteur fait usage du cycle des sept planètes traditionnelles présentées dans l'ordre suivant : Mars, Soleil, Vénus, Mercure, Lune, Saturne, Jupiter. À la fin de la série, le cycle recommence cinq fois pour terminer avec Mars en Poissons. Spontanément je me suis montré favorable à ce système pour l'avoir testé moi-même avec mon monde de relations amicales et de couples plutôt bien harmonisés.

            Personne, à la table, ne semblait se rendre compte que l'ordre des planètes sur les décans suit l'ordre des heures planétaires. Le premier décan du Bélier commence avec Mars; de même, la première heure planétaire du mardi est régie par Mars. Mars initie la série entière à partir du point vernal. Parvenu au signe du Taureau, on ne recommence pas avec le maître du signe comme on le voit dans d'autres systèmes de décans. Que Mars soit maître de série peut se comprendre puisque le dernier décan des Poissons est aussi de Mars. Le point vernal est donc encadré de deux Mars, ce qui peut justifier sa priorité.

            Quelqu'un s'estimant très compétent a dit n'avoir jamais rencontré ce système et qu'en plus le Dictionnaire Astrologique de Gouchon n'en parlait même pas. La vérité est toute autre. D'abord dans les nombreux traités d'astrologie que j'ai lus, plusieurs utilisaient ces décans. Parmi les astrologues qui m'ont formé, il y eut Julevno. J'ai lu et assimilé dès 1967, son Nouveau Traité d'Astrologie Pratique en deux tomes publiés respectivement pour la deuxième édition en 1912 et 1921 (Librairie générale des Sciences Occultes, Bibliothèque Chacornac, Paris). C'est un traité qui a ses imperfections mais tout de même il a le mérite de toucher à un très grand nombre de points qui regardent la pratique astrologique, davantage que les traités que j'ai lus par la suite.  Julevno parle des décans dans le même ordre à la page 87 et à la page 95 du tome premier. Il dit reproduire la tradition qui s'inspire de Ptolémée. À la page 20 du tome second, il donne le tableau des heures planétaires. On remarque que ces heures planétaires sont harmonisées avec les planètes des jours de la semaine : par exemple, la première heure du dimanche est  le Soleil, la Lune pour le lundi, Mercure pour le mercredi et ainsi de suite. On peut dire aussi que Mars est la planète ascendante du mardi, mais on peut présumer qu'elle est aussi la planète ascendante du cycle annuel (le zodiaque au naturel), d'où sa priorité. Quant à Jupiter, on peut dire qu'elle est la planète ascendante du jeudi, Vénus du vendredi, Saturne du samedi. En combinant horizontalement les noms des jours et verticalement les noms des heures planétaires, on peut reconstituer le tableau qu’en fournissent certains traités, dont celui de Julevno. C'est donc un ensemble cohérent et logique.  Quant au Dictionnaire Astrologique de Henri-J. Gouchon, il consacre trois pages aux décans.  Le système qu'il emploie est celui dont nous venons de parler. Il ne fait mention d'aucun autre système inventé au nom de la prétendue innovation.  

            Pour préciser davantage la cohérence de ce système, nous dirons qu’il suit l’ordre traditionnel de la descente de l’énergie dans la cosmologie traditionnelle. Une auteure actuelle Catherine Castanier ne dédaigne pas utiliser cet ordre dans son livre sur Chiron. Partant de ce planétoïde qui fait le pont entre Uranus et Saturne, elle soutient que l’énergie s’incarne en empruntant la route des sphères de la cosmologie traditionnelle. Ce qui donne, selon Catherine Castanier : Chiron, Saturne, Jupiter, Mars, Soleil, Vénus, Mercure, Lune, Lune noire, Terre lieu de notre présente incarnation. On aura remarqué que c’est l’ordre processionnel des dieux dans les mythologies gréco-romaines. Cet ordre est aussi celui des heures planétaires et des décans du zodiaque.

            Maintenant, cet ordre pourrait laisser croire à certains que les Anciens plaçaient Vénus sur l’orbite la plus rapprochée du Soleil à la place où les modernes situent Mercure. Il n’en est rien. Il faut plutôt se rappeler que la cosmologie des Anciens était avant tout un ordre symbolique et pratique de la descente et de la remontée de l’énergie, symbolisées par l’échelle de Jacob (ou autre). Par conséquent, si on emprunte la voie ascendante des sphères, nous avons d’abord la Lune comme astre le plus rapide, suivi de Mercure, suivi de Vénus moins rapide que Mercure ; en plus, Vénus est justifié d’être placé au-dessus de Mercure parce qu’il atteint plus de hauteur que Mercure dans son mouvement orbital autour du Soleil. Cet ordre ne vient en rien inverser les significations traditionnellement attribuées à Vénus et à Mercure qui s’observent d’ailleurs dans la pratique astrologique.

            L’étude des décans planétaires du zodiaque est intéressante en ceci que les décans ont vraiment la signature des planètes. Un décan vénusien se remarque. Relevons-les : troisième décan du Bélier, premier décan du Cancer, deuxième décan de la Vierge, troisième décan du Scorpion, premier décan du Verseau. Il y a quelque chose de commun entre ces décans qui saute aux yeux. C’est différent des décans solaires qui les précèdent et des décans mercuriens qui les suivent. On peut faire le même genre d’observation avec les autres décans planétaires. Je conclus en soulignant qu’il y a là un fondement aux affinités dont tant d’écrivains ont parlé sans en retrouver les signatures.

 

Donat Gagnon

20 novembre 2009.