À paraître en début de novembre.

Psychogénéalogie Astrale:  Astropsychologie Tome 2. Par Irène Andrieu. À paraître en début novembre.

Extrait:
LE DISCOURS DES ASPECTS
Irène ANDRIEU

L’analyse « transgénérationnelle » suppose que nous pouvons être parasités par des comportements ou des héritages qui ne nous appartiennent pas. Elle peut induire également, chez des personnes fragiles ou peu structurées mentalement, l’idée que le contexte familial figurerait « systématiquement » à l’origine de traumatismes ou de gratifications étrangères à leur véritable nature.
Dans la grande majorité des cas, la découverte de son contexte  astrologique permettra au natif, désireux de se libérer des répétitions engendrées par ces vrais ou faux héritages, de mieux comprendre comment ces tendances, même cohérentes avec celles de son milieu natal, lui appartiennent en propre et sur quelles bases astrales, il s’est cru obligé de se positionner parmi les options comportementales qui lui étaient proposées.
Beaucoup de mes clients se déclarent ainsi soulagés d’apprendre qu’il leur appartient de s’interroger sur les peurs instinctives ou le sentiment d’obligation et de sacrifice avec lesquels ils sont nés. Que rien n’est moins certain que les histoires qu’ils se racontent, à moins qu’ils ne créent eux-mêmes les conditions de leur réalisation. Ou qu’il vaut mieux, souvent, essayer d’engendrer une vie à sa propre mesure plutôt que de s’identifier aux mystères ou aux gloires de son ascendance familiale.

LES LIENS DU MENTAL
Le bouddhisme compare le mental à un petit singe qui sauterait après tout ce qui bouge. Dans le Sagittaire, il happe tout ce qui passe à sa portée, et s’empresse de le mettre en réserve sans tri et sans discernement. Tout lui est bon pour se nourrir. Tout l’intéresse. Tout le concerne.
Tout lui est bon à conserver : non seulement les innombrables informations lui permettant de nommer – donc de reconnaître – les choses, mais également toutes les réactions sensorielles, physiques et psychiques qui leur sont associées. Le problème est qu’il ne prend pas le temps de les digérer et d’en éliminer les résidus.
C’est cette masse de références qui est identifiée comme les « tendances latentes », dont les tibétains attribuent le siège dans le signe du Taureau. Cette bibliothèque de « prêt-à-penser » nous permet d’établir des relations entre ce qui se passe à l’extérieur, ce que nous connaissons déjà, et ce qu’il convient de répondre au cas par cas.
C’est sur cette base que s’élabore notre discours interne, sur nous-mêmes et le monde, discours qui ne cesse de jaillir à la moindre sollicitation événementielle, et qui parfois finit par tourner en rond sans avoir besoin d’être sollicité par quoi que ce soit.
L’astrologie karmique considère, pour sa part, que l’esprit étant immortel, il est déjà surchargé à la naissance de tendances latentes issues des multiples formes antérieures d’activité mentale, dont les titulaires n’ont pas su ou pas voulu se détacher.
Pour l’astrologie indienne, ces tendances sont contenues dans les nœuds lunaires. Le nœud Sud inclut les composantes de la mémoire du passé, les Samskaras ou tendances latentes ; le nœud Nord les Vasanas, les projets qui en résultent. Au moment de la naissance, les nœuds libèrent les énergies des planètes sous forme d’un dragon qui les distribue autour du zodiaque. Chacune d’elle représente une fonction de l’être, physique, psychique et spirituelle, qui se colore des qualités du signe où elle s’inscrit et reçoit les résidus mémoriels spécifiques à sa nature et aux projets de la personne pour la maison où elle figure : comportements, réactions, croyances, attentes, attachements, désirs, etc.
On peut donc considérer chaque tendance comme une graine qui choisirait son territoire d’élection pour s’implanter, germer, éclore, s’exprimer, puis, dans la mesure où ces tendances sont par nature inertielles, tenter de se répliquer à l’identique.
Pour venir au jour, les tendances ont besoin de la nourriture d’activation sensorielle. C’est pour cela que le petit singe n’arrête pas d’en collecter : c’est sa façon d’établir des liens entre le monde intérieur et le monde extérieur.
L’activité mentale ne demande pas mieux, c’est sa nourriture favorite.
A quoi rattacher le petit singe astrologiquement ? Entre mouvement, rapidité, faculté d’établir des contacts et des liens mentaux, nous sommes, à l’évidence dans l’univers de l’intellect mercurien agissant en interaction avec les fonctions de la pensée (Vénus).
Mais ces liens ne s’établissent pas au hasard dans le contexte du thème natal. Tout comme le fait l’activité neuronale dans notre cerveau (mouvement, conduction, échanges : encore Mercure), la circulation des informations entre planètes ne peut emprunter que des cheminements déjà tracés (les aspects innés) ou des voies en cours de construction (les directions).
Ces voies de communication sont donc représentées par les lignes de force des aspects, dont les effets varient selon leur nature harmonique ou dissonante. En quelque sorte, il y a des lignes droites, des autoroutes faciles à emprunter et qui conduisent directement au but recherché, et des chemins plus escarpés ou mal défrichés, mais qui n’en conduisent pas moins quelque part.
Si aucune évolution personnelle n’est venue en changer le contenu, la force d’inertie du mental continue à développer ces liens toujours dans la même direction, comme le ferait un messager fidèle, mais sans imagination, qui délivrerait toujours le même message, du même auteur au même destinataire.
C’est effectivement ce qui se passe dans le processus des répétitions comportementales : la personne semble s’obstiner à réitérer le même type de comportement et les mêmes conclusions que celles que l’on pouvait déjà décoder dans le thème natal. Et ces conclusions s’inscrivent dans son attitude, les signaux qu’elle émet, la structure de son langage.
Sur le plan psychologique, il est évident que les bases d’une personnalité ne se transmutent pas, par miracle, au gré des influences extérieures. Il est même dans leur nature de s’y opposer de toutes les façons possibles. En fait, aucun véritable changement comportemental ne peut se développer tant que la personne n’a pas pris conscience de ce que sa façon de penser et ses vraies motivations produisent dans sa vie.
C’est pourquoi, de mon point de vue, aucun transit, si bénéfique soit-il, n’est supposé opérer de miracle dans la façon dont la personne s’exprime dans tel ou tel domaine de son existence, donc en entretient la continuité. Sur le plan psychologique, un transit permet seulement de vérifier si l’ensemble planètes-aspect émet toujours le même type de réponse, ou si quelque chose a changé dans son contenu.
COMMUNIQUER AVEC LES ASPECTS

La façon dont les aspects se manifestent dans la structure du langage m’a fait penser qu’ils pouvaient relever de ces liens mentaux qui perpétuent les « attachements aux résultats des actes», dont parle le bouddhisme fondamental. C’est sur leur base que la personne réagit au contact avec l’espace extérieur, en confrontant ce qui s’y passe avec ses propres certitudes et conclusions innées et acquises.
Les aspects, dans ce contexte, pourraient donc être interprétés comme des jugements préétablis sur l’avenir de n’importe quel type de relations, en fonction de leur nature séparative ou appliquante, harmonique ou dissonante.
Dès qu’une situation « apparentée » permettrait d’établir une comparaison avec le déjà-connu, même profondément enfoui dans l’inconscient, l’aspect émettrait des signaux positifs ou négatifs sur la « meilleure » façon de traiter l’information. Ce qui permettrait également aux formes-pensées contenues dans les planètes, de s’assembler, se compléter, s’harmoniser ou se contrarier, au gré des variantes de réponses relevant de la nature de l’aspect.
La direction des aspects permettant de défricher de nouveaux terrains d’expériences, aussi bien que de réviser les conclusions passées (rétrogradations), de nouvelles réponses pourraient ainsi s’inscrire dans les tendances latentes en induisant une évolution progressive du comportement.
L’approche du monde de la plupart des individus n’en demeure pas moins fondamentalement subjective, voire illusoire, et basée sur le désir de renouveler le plaisir (aspect harmonique) et d’éviter les sources de déséquilibre ou de souffrance (aspect dissonant).
Chez certaines personnes, le flou du discours qui en résulte est parfois tel qu’on peut se demander si le récit qu’elles font de leur histoire et de leurs relations relève de faits réels ou imaginaires. Aux questions posées en consultation, elles semblent répondre par la récitation d’une histoire apprise par cœur, peuplée d’identifications projectives et de réactions telles qu’elles pourraient s’appliquer à n’importe quelle personne jouant le même type de rôles dans leur vie. Ce flou est encore aggravé par l’omission des noms ou prénoms des personnes qu’elles mettent en cause, ou de toute précision sur le rôle que ces personnes jouent dans leur vie.
Ce phénomène est encore plus remarquable avec les planètes rétrogrades, dans la mesure où ces dernières, surchargées de croyances et d’a priori, fonctionnent dans un registre mental nettement plus linéaire que celui des planètes directes.
QUI DIT QUOI A QUI ET POUR QUOI FAIRE ?

On pourrait résumer ce qui précède de la façon suivante : à travers un aspect, quelqu’un pense quelque chose à propos de quelqu’un, y réagit et s’exprime de façon à l’inciter à fournir une réponse conforme à ce qu’elle en attend.
Bien entendu, il existe dans la vie quotidienne nombre de situations neutres ou peu impliquantes où la personne s’exprime et agit sans mettre en avant ce type de réaction. Nous n’envisagerons ici que des situations de répétitions marquées par les réactions émotionnelles engrammées dans les tendances latentes.
Ainsi, lorsque nous chercherons ce qui est en jeu dans le discours de la personne, à qui il est susceptible de s’adresser, le thème nous servira de guide pour repérer le profil des personnes de son entourage social ou affectif auxquelles elle est susceptible de prêter le pouvoir d’activer le discours de l’aspect.
On constatera qu’en cas de répétition comportementale, la description qu’elle en fait et les intentions qu’elle prête à ses partenaires désignés présentent de fortes convergences avec les inscriptions innées. Même si le protagoniste se déclare non concerné, l’esprit qui s’est mobilisé sur quelque chose qui le concerne, même un point mineur apparemment sans conséquence pour un observateur extérieur, n’en continuera pas moins à dévider le fil de son discours.
Avec un certain entraînement, il devient ainsi possible d’adopter le discours de l’aspect au cours de l’interprétation, sans rien connaître du contexte réel auquel il se rapporte. Cela suscite, chez le client, l’impression que l’on connaît beaucoup de choses de son histoire, qu’on le comprend, et facilite donc un processus de reconnaissance mutuelle, sans jugements et sans prises de position de la part du « sachant ». Les contradictions et les conflits n’étant pas niés par des conseils inopportuns, la personne peut les reconnaître d’elle-même comme lui appartenant.
Son discours, initialement en réplique de celui de l’aspect, peut changer subitement de registre lorsqu’il prend conscience de la relation telle qu’il avait tendance à l’engendrer sur la base de ses tendances latentes, et non pas telle qu’’il pensait lui être imposée…
En revanche, dès lors qu’une personne s’exprime clairement à la première personne, y compris dans ses conflits interpersonnels, le discours associé à l’aspect est nettement moins systématique. La consultation s’oriente d’emblée vers le travail d’évolution à opérer sur la structure innée, et la meilleure façon d’utiliser les ressources du thème sur la base de choix conscients.
Une bonne consultation ne dépend donc pas uniquement de la qualité de l’astrologue, mais également du niveau de réceptivité du client et de la façon dont ce dernier construit son approche de la réalité.
Sur ce plan, la science commence à rejoindre des connaissances déjà assimilées de longue date par les thérapeutes issus de l’école de Palo Alto. Ainsi, la technique de l’IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) permet aujourd’hui de repérer clairement l’activation des zones du cerveau correspondant à diverses fonctions sensorielles, mentales ou mémorielles. On a pu détecter que, pour une même image observée par différentes personnes, les zones activées, aussi bien que leur couleur et leur rayonnement, varient d’un sujet à l’autre. L’image mentale que le « cobaye » se fait de l’objet et les réactions qui en découlent ne relèvent donc pas nécessairement du même registre cérébral que celui de son voisin. En fait, tout dépend des informations et des réactions émotionnelles déjà inscrites dans sa mémoire à propos de l’objet en question.

TRANSPOSITION AU THEME NATAL

Vu sous cet angle, l’aspect n’indique un certain stade de relation entre deux fonctions de l’être. C’est un processus neutre en lui-même. Cependant, l’ensemble constitué par la nature de l’aspect, son niveau de vibration psychique, la spécificité des tendances latentes contenues dans les planètes, sont autant de composantes qui peuvent infléchir fortement le vécu du même aspect chez deux individus différents.
Aucun thème, même parfaitement semblable à un autre, ne développe donc les mêmes effets ni ne produit les mêmes résultats. Aucun trigone n’est définitivement favorable, ni aucun carré dissonant dans l’absolu. Le contexte systémique intervient dans la majorité des cas pour renforcer ou réorienter partiellement les liens mentaux qui figurent à la base de la réactivité des aspects.
Il ne semble pas, en outre, exister d’évolution personnelle programmée et automatique liée à la croissance des aspects. Rien n’est prévisible dans ce domaine. C’est sans doute la raison pour laquelle certaines personnes présentent, à cinquante ans, des comportements clonés sur ceux induits par leurs aspects de naissance. D’autres, au contraire, marquent chacune des transitions des aspects vers d’autres dimensions de l’intercycle de décisions qui bouleversent la conception de leur existence.

Extrait de « Psychogénéalogie astrale » - Editions AUREAS
Parution : octobre 2008