Pour une astrologie groupale - Yves Lenoble

J’ai  pendant longtemps dĂ©veloppĂ© mes recherches dans deux grandes branches de l’astrologie : d’une part en astrologie mondiale et d’autre part en astrologie individuelle. J’éprouve de plus en plus le besoin d’établir le lien entre ces deux dimensions de notre art. On sait qu’à ses dĂ©buts les astrologues pratiquaient avant tout l’astrologie mondiale et qu’avec les Grecs l’astrologie individuelle s’est fortement dĂ©veloppĂ©e. Cette astrologie individuelle a pris au cours du XXème siècle une importance si considĂ©rable que beaucoup d’astrologues contemporains minimisent l’astrologie mondiale. Ce qui est bien dommage, car cela va Ă  l’encontre de l’enseignement de PtolĂ©mĂ©e pour qui il est absolument indispensable de subordonner l’astrologie gĂ©nĂ©thliaque Ă  l’astrologie mondiale, le particulier dĂ©pendant de l’universel. J’ai eu la chance d’avoir des maĂ®tres en astrologie qui m’ont appris aussi bien l’astrologie mondiale que l’astrologie gĂ©nĂ©thliaque. Par ailleurs j’ai suivi des Ă©tudes en sciences humaines. Les maĂ®tres de ces disciplines m’ont appris les notions essentielles de  la psychologie, de la sociologie et de l’ethnologie mais ils m’ont familiarisĂ© Ă©galement avec  la psychosociologie.  Il m’est apparu depuis dĂ©jĂ  fort longtemps que l’astrologie souffrait d’une grave lacune et qu’il devenait indispensable, dans la perspective d’une approche unitaire de l’astrologie, de dĂ©velopper ce que l’on pourrait appeler l’astrologie groupale.

 

I  L’INTERET DE L’ASTROLOGIE GROUPALE

 

Le groupe se situe Ă  l’articulation de l’individuel et du collectif. On peut dire en un certain sens que le collectif s’incarne Ă  travers le groupe qui prĂ©existe Ă  l’individu car nous naissons au sein d’une famille, d’un milieu social, d’un pays, d’une Ă©poque et nous sommes imprĂ©gnĂ©s pendant longtemps par les valeurs de notre famille, de notre milieu, de notre culture, etc. La dimension individuelle existe peu Ă  notre naissance et au dĂ©but de notre vie. Elle  n’émerge  qu’au fur et Ă  mesure de notre dĂ©veloppement et se manifeste pleinement Ă  l’âge adulte. NĂ©anmoins, la dimension individuelle reste toujours très liĂ©e au collectif et aux groupes auxquels nous appartenons. Quand on y regarde de près on se rend compte que nous passons le clair de notre temps Ă  aller de groupe en groupe,  la majeure partie de notre temps Ă©tant partagĂ©e entre notre groupe professionnel, notre groupe familial et nos groupes amicaux, associatifs ou de loisirs.

 

Les spĂ©cialistes des sciences humaines se sont intĂ©ressĂ©s tardivement Ă  cette dimension du groupe. Il a fallu attendre les annĂ©es 40 pour que Kurt Lewin  pose les premiers jalons de l’étude des groupes. Les astrologues, quant Ă  eux, ne se sont guère penchĂ©s sur cette dimension du groupe qui pourtant me semble fondamentale.


Je  me suis rendu compte de l’intĂ©rĂŞt de mettre en place une astrologie groupale lors du congrès astrologique international de Zurich de 1981. Nous Ă©tions  Ă  quelques semaines de  l’élection prĂ©sidentielle de Mai 1981. Mon maĂ®tre Jean-Pierre Nicola me fit remarquer que, si l’on adoptait des orbes larges, on pouvait noter dans le ciel une conjonction Jupiter-Saturne au carrĂ© de Neptune. A cette simple constatation je me suis entendu lui dire : « François Mitterrand sera le prochain prĂ©sident Â». Pourquoi tout d’un coup cette certitude qui se rĂ©vĂ©la justifiĂ©e quelques semaines plus tard ?

 

Et bien parce qu’une même configuration était récurrente dans le thème de François Mitterrand (astrologie généthliaque), dans le thème du printemps 1981, dans le thème des cinq républiques françaises (astrologie mondiale) et dans le thème du parti socialiste (astrologie groupale) dont François Mitterrand était à la fois le fondateur et l’actuel premier secrétaire.

 

A la suite d’AndrĂ© Barbault, qui a Ă©tabli de solides correspondances entre l’histoire des grands pays et les cycles planĂ©taires, on peut mettre en parallèle par exemple l’histoire des Etats-Unis et le cycle Saturne-Uranus, l’histoire de l’U.R.S.S. et le cycle Saturne-Neptune, l’histoire de l’Inde et le cycle Saturne-Pluton. De la mĂŞme manière on peut mettre en parallèle les Ă©vĂ©nements politiques français avec les phases des cycles Jupiter-Saturne-Neptune. En tĂ©moignent les configurations des 5 rĂ©publiques :

1ère RĂ©publique : Jupiter-Neptune opposĂ© Saturne (22-9-1792 Ă  9h18 Ă  Paris)

2ème RĂ©publique : Saturne-Neptune trigone Jupiter (25-2-1848 Ă  Paris)

3ème RĂ©publique : Saturne opposĂ© Jupiter trigone Neptune (4-9-1870 Ă  16h45 Ă  Paris)

4ème RĂ©publique : Saturne sextile Neptune carrĂ© Jupiter (30-10-1946 Ă  15h30 Ă  Paris)

5ème RĂ©publique : Saturne semi-carrĂ© Jupiter-Neptune (6-10-1958 Ă  18h43 Ă  Paris)

 

Et bien, en ce 10 mai 1981, le trio Jupiter/Saturne/Neptune est en rĂ©sonance avec toute une sĂ©rie de thèmes possĂ©dant ce trio, notamment les trois suivants :

1ère RĂ©publique : Saturne opposĂ© Jupiter-Neptune (22-9-1792 Ă  9h18 Ă  Paris)

Parti socialiste : Jupiter-Neptune opposĂ© Saturne (12-6-1971 Ă  Epinay 93)

F. Mitterrand : Saturne-Neptune carrĂ© Jupiter (26-10-1916 Ă  4h Ă  Jarnac en Charente (16)).

Une telle synchronicité est rare. Mitterrand était, à ce moment-là, l’homme de la situation.

 

A l’élection prĂ©sidentielle suivante, sept ans plus tard le 8 mai 1988, on observait le retour de cette mĂŞme configuration (en mai 1988 on trouve une  conjonction Saturne-Neptune au trigone de Jupiter). Après avoir fait durer le suspense le plus longtemps possible, François Mitterrand se reprĂ©senta et fut Ă  nouveau Ă©lu, ce qui confirme -si besoin est- la valeur de la corrĂ©lation.

 

Cet exemple est intĂ©ressant dans la mesure oĂą il nous incite Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  la manière dont peut se rĂ©aliser en astrologie  la jonction entre le collectif et l’individuel. Les spĂ©cialistes des sciences humaines qui ont dĂ©veloppĂ© depuis dĂ©jĂ  cinquante ans les liens entre la dimension individuelle et la dimension collective peuvent nous aider Ă  Ă©tablir ce pont.

 

Après avoir rappelĂ© les quelques notions de base de psychosociologie concernant les groupes (notamment la notion d’imaginaire), nous verrons comment il est possible de les utiliser en astrologie. Nous prĂ©senterons ensuite plusieurs applications. Nous essaierons de dĂ©gager l’imaginaire de la cour d’Angleterre. Puis nous chercherons Ă  dĂ©crire l’imaginaire du Labour, et de voir comment  Tony Blair s’inscrit dans cet imaginaire. Nous nous intĂ©resserons ensuite Ă  l’imaginaire de la psychanalyse et comment celui-ci se prolonge Ă  travers l’imaginaire des diffĂ©rents groupements psychanalytiques. Puis nous parlerons « psychogĂ©nĂ©alogie Â» avec l’imaginaire de la famille Dolto ainsi que celui de Germaine Pantaine (le cas AimĂ©e de Lacan). Pour terminer nous essaierons de prĂ©ciser ce que peut apporter l’astrologie groupale.

 

II  LE GROUPE COMME MISE EN COMMUN D’UN IMAGINAIRE, D’UNE FANTASMATIQUE

 

Les manières d’apprĂ©hender le groupe sont très diverses. Voici, Ă  titre d’exemples,  quelques rĂ©ponses obtenues lors de sĂ©minaires sur ce sujet Ă  la question : « Qu’est-ce qu’un groupe ? Â»

- Un ensemble de personnes qui prend plaisir Ă  se rencontrer pour parler

- Une possibilité de partage, d’échange

- Un sentiment d’appartenance à l’humanité

- Un ensemble de personnes réunies par le destin ou par choix

- Une micro société comprenant leader, sous leader…

- La croissance à partir d’individus

- Quelque  chose qui vous stimule

- Le lieu d’un partage ; les constituants du groupe sont la vie incarnĂ©e

- Rassemblement de personnes s’intéressant à une même chose à un moment donné

- La réunion de différences

- Quelque chose de fermé qu’il est difficile d’ouvrir

 

En fait chacun apprĂ©hende le groupe en fonction de sa personnalitĂ©. Le natif marquĂ© par une quadruple conjonction Soleil-Mercure-Jupiter-Neptune en Balance dĂ©finit le groupe comme « une possibilitĂ© de partage, d’échange Â». Le natif marquĂ© par le  trigone Jupiter-Mars envisage le groupe comme « la croissance Ă  partir d’individus Â». Et la personne nĂ©e avec la conjonction Saturne-Neptune en Balance trouve que le groupe est « quelque chose qui vous stimule Â».

 

Les spĂ©cialistes de la psychosociologie ont, pendant longtemps, Ă©tĂ© d’accord pour considĂ©rer que trois facteurs principaux caractĂ©risent un groupe, Ă  savoir un but commun, des normes de groupes, une structure de groupe :

-        un but commun : toute sociĂ©tĂ© ou toute association a un objet. Cet objet dĂ©finit son but. Chaque jour des centaines de sociĂ©tĂ©s et d’associations naissent. Les buts en sont très variĂ©s.

-        des normes de groupe : chaque groupe croit en des valeurs communes. Ici, j’imagine, nous sommes tous persuadĂ©s de l’intĂ©rĂŞt et de l’importance de l’astrologie. Chaque groupe a ses habitudes : il se rĂ©unit tel jour du mois ou Ă  telle date de l’annĂ©e ; il y règne une certaine atmosphère, on y respecte des règles qui sont formulĂ©es explicitement ou qui peuvent ĂŞtre implicites.        

-        une  structure de groupe : on observe une rĂ©partition des statuts et des rĂ´les. En psychosociologie le statut est ce qui dĂ©finit pour chacun sa position au sein du groupe (prĂ©sident, secrĂ©taire, trĂ©sorier, membre adhĂ©rent, patron, salariĂ©, cadre), tandis que le rĂ´le est l’ensemble des comportements liĂ©s au statut. Chacun occupe un statut et doit jouer le rĂ´le dĂ©volu Ă  son statut ; le leader a pour rĂ´le, au nom du groupe, de faire respecter le but commun et les valeurs communes et de veiller Ă  ce que chaque membre joue bien son rĂ´le. 

Cependant ces mĂŞmes spĂ©cialistes, Ă  partir des annĂ©es 70, ont observĂ© qu’un groupe peut rĂ©pondre aux conditions qui viennent d’être Ă©noncĂ©es et ne pas fonctionner car un groupe est caractĂ©risĂ© non seulement par des tâches communes mais Ă©galement par des Ă©motions communes.   

 

Didier Anzieu a montrĂ© que le groupe est un lieu de fomentation des images. Voici quelques lignes tirĂ©es de son remarquable ouvrage « L’inconscient et le groupe Â» qui tĂ©moignent de ce rĂ´le si important des images : « Dès que des ĂŞtres humains sont rĂ©unis pour travailler, pour se distraire, pour se dĂ©fendre, pour voler et pour tuer, pour croire, pour changer le monde, pour ĂŞtre instruits ou soignĂ©s, des sentiments les traversent, les agitent, des dĂ©sirs, des peurs, des angoisses les excitent ou les paralysent, une Ă©motion commune parfois s’empare d’eux et leur donne une impression d’unitĂ©, parfois plusieurs Ă©motions s’entrebattent et dĂ©chirent le groupe, parfois plusieurs membres se ferment et se dĂ©fendent contre l’émotion commune qu’ils ressentent comme menaçante, alors que les autres s’y abandonnent avec rĂ©signation, avec joie, avec frĂ©nĂ©sie : parfois aussi tous se replient devant l’émoi envahissant et le groupe est morne, apathique, verbeux Â».

 

Tout groupe existe Ă  deux niveaux. Le premier niveau, prĂ©cise Anzieu, est rationnel et conscient : « Tout groupe a une tâche, qu’il reçoit de l’organisation dans laquelle il s’insère ou qu’il se donne Ă  lui-mĂŞme. La rĂ©ussite de cette tâche dĂ©pend de l’analyse correcte de la rĂ©alitĂ© extĂ©rieure correspondante, de la distribution et de la coordination judicieuse des rĂ´les Ă  l’intĂ©rieur du groupe, de la rĂ©gulation des actions pour la recherche des causes des Ă©checs et des succès, de l’articulation des moyens possibles aux buts visĂ©s de façon relativement homogène par les divers membres. Il s’agit lĂ  uniquement de ce que Freud a appelĂ© les processus psychiques « secondaires Â» : perception, mĂ©moire, jugement, raisonnement Â». Mais ce premier niveau n’explique pas tout. Il suffit de mettre en groupe des personnes qui se comportent habituellement de façon rationnelle lorsqu’elles sont seules devant un problème pour qu’elles deviennent difficilement capables d’une conduite rationnelle collective. C’est qu’intervient le second niveau caractĂ©risĂ© selon Anzieu par la prĂ©dominance des processus psychiques « primaires Â» : « La coopĂ©ration consciente des membres du groupe, nĂ©cessaire Ă  la rĂ©ussite de leurs entreprises, requiert entre eux une circulation Ă©motionnelle et fantasmatique inconsciente. Celle-lĂ  est tantĂ´t paralysĂ©e tantĂ´t stimulĂ©e par celle-ci Â».

 

Les individus rĂ©unis dans un groupe se combinent de façon instantanĂ©e et involontaire pour agir selon des Ă©tats affectifs que le psychanalyste anglais Wilfried Bion dĂ©nomme « prĂ©supposĂ©s de base Â». Ces Ă©tats affectifs remontent Ă  la première enfance. Bion dĂ©crit trois « prĂ©supposĂ©s de base Â» auxquels un groupe se soumet alternativement sans les reconnaĂ®tre :

-        dĂ©pendance (dependance) : le groupe demande Ă  ĂŞtre protĂ©gĂ© par le leader. Si le leader refuse, le groupe se sent frustrĂ© et abandonnĂ©

-        combat-fuite (fight – flight) : en face d’un danger, les membres se rĂ©unissent soit pour lutter soit pour fuir

-        couplage (pairing) : la conduite de combat-fuite aboutit, dans certains cas, Ă  la formation de sous-groupes ou de couples.

 

Autant que la poursuite d’un mĂŞme but, un groupe est la mise en commun d’une fantasmatique. Une « rĂ©sonance Â» s’opère autour du fantasme dont Ă  tel moment un membre du groupe est porteur et auquel les autres s’identifient.

 

III L'ASTROLOGIE COMME OUTIL DE DÉCRYPTAGE DE L'IMAGINAIRE                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                

 

Nous avons vu que, pour Didier Anzieu, un groupe est la mise en commun d’un imaginaire, d’une fantasmatique. C’est à ce niveau de l’imaginaire que se rejoignent psychosociologie et astrologie. Car l’astrologie donne le descriptif des diverses fantasmatiques possibles. Catherine Pellegrini estimait en 1990, lors du premier congrès de l’Association pour la Recherche des Rythmes Cosmiques (ARRC), que l’astrologie pouvait trouver sa place au sein des sciences si elle se situait comme une science qui explore l’imaginaire. L’astrologie, depuis des centaines d’années, décrit en détail notre imaginaire et c’est probablement l’une des raisons pour lesquelles elle fascine tant. Les fantasmatiques évoquées par Bion peuvent être facilement traduites astrologiquement. La fantasmatique du combat a trait à Mars-Bélier-Maison I tandis que celle de la fuite est liée à Neptune-Poissons-Maison XII. Celle de dépendance peut être mise en relation avec la thématique Soleil-Lion-Maison V. Quant à celle du couplage, la thématique Vénus-Balance-Maison VII semble tout à fait indiquée.

 

Il existe bien sûr d’autres fantasmatiques que les psychosociologues n’ont pas encore décrites. Vous les connaissez bien évidemment. Il s’agit de celles correspondant aux autres thématiques astrologiques. L’astrologie décrit non seulement les diverses fantasmatiques mais elle permet en outre de repérer la fantasmatique dominante d’un groupe. Dans certains cas c’est une fantasmatique de signes qui est évidente. Dans d’autres cas nous sommes en présence d’une fantasmatique planétaire. Quoi qu’il en soit, l’astrologie, riche de son expérience millénaire, s’avère d’une aide précieuse dans l’exploration de la fantasmatique d’un groupe.

 

L’astrologue allemande Gertrud Hamers nous faisait part voici quelques années d’une constatation intéressante. Avant de devenir astrologue cette Scorpion Asc Vierge était professeur de mathématiques. Voulant savoir pourquoi elle était plus à l’aise avec certaines de ses classes, elle analysa les dates de naissance de ses élèves et se rendit compte qu’elle avait un contact plus facile avec les classes dont les élèves étaient de dominante Terre – Eau en affinité avec son Soleil et son Ascendant. Bel exemple illustrant une fantasmatique de signes.

 

Nous-mĂŞmes avons effectuĂ© notre première prĂ©vision au niveau d’un groupe le jour oĂą une personne non astrologue rencontrĂ©e lors d’une soirĂ©e nous faisait remarquer que dans sa famille tout le monde Ă©tait Balance. A l’époque Uranus se trouvait fin Balance. Nous nous entendons encore lui dire que depuis quatre Ă  cinq ans une sĂ©rie de bouleversements avaient du se succĂ©der chez les uns et les autres, ce qui correspondait tout Ă  fait Ă  la rĂ©alitĂ©. Pour un tel groupe il y a comme un effet en cascade. PtolĂ©mĂ©e subordonnait l’individuel au collectif. Si PtolĂ©mĂ©e avait connu la psychosociologie il aurait sans doute prĂ©cisĂ© : l’individu est subordonnĂ© au groupe et le groupe est subordonnĂ© au collectif.

 

Lors du congrès de l’ARRC 1992 consacré à Mars et la vie professionnelle Solange de Mailly Nesle nous racontait qu’elle avait eu à intervenir dans une entreprise qui fabriquait des jouets. De sérieux problèmes de communication existaient entre les membres d’une des équipes, membres marqués par une dominante Saturne-Capricorne, Maison X, à l’image du thème du responsable hiérarchique qui avait embauché des personnes lui ressemblant. On peut tout de suite imaginer l’ambiance lourde qui régnait au sein de l’équipe. L’astrologue conseilla, pour détendre l’atmosphère, de recruter plusieurs jupitériens capables de supporter ces introvertis notoires.

Comment déterminer la fantasmatique d’un groupe à partir des thèmes astrologiques. Le plus simple, à mon sens, est de disposer les thèmes en couronne autour du zodiaque. Si un signe est souvent occupé cela se voit tout de suite. Plus un signe contient d’éléments rapides ou dominants (Ascendant, Maître ascendant, MC) , plus ce signe a des chances de constituer la fantasmatique du groupe. En ce qui concerne les planètes il est intéressant de relever les planètes fortement valorisées (angulaires, maîtresses d’ascendant, en aspect majeurs des luminaires, conjointes au maître d’ascendant). Les planètes qui ressortent très souvent peuvent être considérées comme celles qui permettent de caractériser la fantasmatique du groupe.

Prenons un exemple. Le Centre International d’Astrologie (C.I.A.), regroupait Ă  Paris pendant la pĂ©riode allant de 1950 Ă  1970 la plupart des astrologues français. Animaient notamment  ce groupe AndrĂ© Barbault, Jean Carteret, Claire Santagostini, JoĂ«lle de Gravelaine, Jacqueline AimĂ©, Jacques Berthon, Maurice Munzinger, Louis Millat. Il se dĂ©gageait de ce groupe intĂ©ressĂ© autant par la psychologie que l’astrologie une atmosphère non conformiste, fraternelle. Et bien  on retrouvait Uranus ou/et Neptune angulaires ou en conjonction de l’un des luminaires dans les thèmes de tous ces astrologues :

Jacqueline AimĂ© : Soleil opposĂ© Neptune

AndrĂ© Barbault : Uranus Ă  l’ascendant et Neptune au descendant

Jacques Berthon : Uranus conjoint Ă  l’ascendant et Neptune opposĂ© au Soleil

Jean Carteret : Neptune Ă  l’ascendant et Uranus au descendant

Henri Gouchon : Lune et Neptune au Fond du Ciel

JoĂ«lle de  Gravelaine: Uranus au Fond du Ciel

Louis Millat : Lune conjointe Neptune et Soleil conjoint Uranus

Maurice Munzinger : Neptune conjoint ascendant et Soleil

Jean-Pierre  Nicola : Neptune au Fond du Ciel

Claire Santagostini : Neptune Ă  l’ascendant opposĂ© Ă  la Lune

 

IV  LES MEMBRES DE LA COUR D’ANGLETERRE

 

Trouve-t-on des points communs aux membres de la famille royale : le roi George VI, la Reine Mère, la Reine Elisabeth, le Prince Philipp, le prince Charles et Diana.

Au niveau planĂ©taire, l’étude comparĂ©e de ces thèmes fait ressortir l’aspect Jupiter-Saturne dans 5 thèmes : un  carrĂ© chez George VI, Elisabeth II, une conjonction chez le prince Philipp et Diana, un trigone chez le prince Charles.

Par ailleurs les planètes  Saturne et Neptune sont prĂ©dominantes. Voici un tableau qui rĂ©sume les valorisations reçues par chacune de ces planètes :

 

 

 

Saturne

Neptune

George VI

conj  VĂ©n. MaĂ®tre Asc

conj Lune

opp  Sun  Mer 

Reine Mère

opp    VĂ©n  Mars   Nept. 

conj  VĂ©n. Mars

opp Sat

Elizabeth II

conj  MC

Sq Nept

Trig Sun

conj  Lune

Sq Sat

Prince Philipp

Sq  Soleil

conj  Lune

Prince Charles

Trig  Jup

Trig Lune

conj  VĂ©n.

conj  FC

Princesse Diana

conj  Jup

Trig VĂ©n.

Trig Soleil

Sq  Jup

 

Au niveau zodiacal, dès que l’on dispose les thèmes en couronne autour d’un zodiaque central, on note que les signes Sagittaire, Scorpion et Lion sont fortement valorisĂ©s, le Lion venant en tĂŞte suivi du Scorpion. Ainsi l’imaginaire de la famille royale est caractĂ©risĂ© par une dominante Lion et une sous-dominante Scorpion. Nous observons donc l’importance des signes fixes.

 

Veuillez ouvrir le fichier" Thème de la famille royale" à la fin de cet article

 

Si l’on regarde de plus près les planètes en Lion et en Scorpion on remarque une constellation particulièrement importante de planètes entre 20 et 25 degrĂ©s des signes du Lion et du Scorpion. Reportons ces configurations sur un tableau :

 

 

Lion

Scorpion

George VI

 

conj Lune-Uranus à 22°-25°

Reine Mère

Soleil à 12°

Lune  Ă  20°

Elizabeth II

conj Lune-Neptune à 12°-22°

Saturne MC à 24°-25°

Prince Philipp

conj Lune-Neptune Asc à 12°-19°

 

Prince Charles

Pluton   Ă  17°

Soleil à 22°

Princesse Diana

Uranus  Ă  23°

 

 

Il est intéressant de noter que le prince Charles et la princesse Diana ont dans ces degrés Pluton et Uranus. Pas étonnant qu’avec eux la royauté ait plutôt rencontré des difficultés.

 

Dès que l’on repère pour un groupe une zone commune les transits majeurs sur cette zone constituent une pĂ©riode marquante de la vie de ce groupe. Ainsi Pluton est passĂ© entre 1991 et 1994 de 20° Ă  25° du Scorpion. C’est la pĂ©riode oĂą les valeurs Lion communes Ă  la famille royale ont volĂ© en Ă©clat, Pluton rĂ©vĂ©lant ce qui est cachĂ©. On assiste, comme disent les psychologues,  Ă  la « revanche du refoulĂ© Â».C’est prĂ©cisĂ©ment en 1992 que livres et articles ont dĂ©voilĂ© dĂ©tails sur dĂ©tails de la vie privĂ©e du prince et de la princesse, ce qui a accentuĂ© la dĂ©gradation des liens du couple royal pour aboutir Ă  leur sĂ©paration.

 

De même nous avions noté la récurrence de l’aspect Jupiter-Saturne dans les thèmes du prince Charles et de la princesse Diana. La preuve que cet aspect est bien actif, c’est que le mariage de Charles et Diana a eu lieu à la conjonction Jupiter Saturne en juillet 1981. Au carré de Jupiter Saturne en 1986 on assiste à la première crise du couple quand le prince Charles revoit Camilla Parker. A partir de l’opposition de 1991 le prince Charles et Diana font chambre à part lors des visites officielles. Et, juste au moment du carré Jupiter-Saturne a eu lieu la fameuse confession télévisée de Diana (novembre 1995), le divorce étant prononcé quelques mois plus tard.

 

Nous avions notĂ© l’importance  du duo Saturne – Neptune. Il n’est pas Ă©tonnant que des Ă©vĂ©nements notoires de la famille Windsor correspondent Ă  des phases du cycle Saturne –Neptune dont nous avions notĂ© l’importance : le 10 DĂ©cembre 1936 Ă  l’opposition Saturne-Neptune, George VI est couronnĂ© ; le 2 juin 1953 Ă  la conjonction Saturne-Neptune Elizabeth II devient reine. La prochaine Ă©chĂ©ance importante de ce cycle se situe lorsque ces deux astres seront en opposition entre aoĂ»t 2006 et juin 2007.

 

V  TONY BLAIR ET L’IMAGINAIRE DU LABOUR

 

Signalons au passage que nous pouvons appliquer la mĂŞme mĂ©thode Ă  un parti politique. J’ai essayĂ© de voir si on pouvait repĂ©rer un imaginaire pour le « Labour Â».

La première date que l’on trouve pour le « Labour Â» est le 7 fĂ©vrier 1900. Il s’agit  de la constitution d’un groupe parlementaire reprĂ©sentant le mouvement syndical (Labour Representation Committee).  La deuxième date est celle du jour oĂą ce groupe a pris le nom de Labour Party le 15 fĂ©vrier 1906. On remarque immĂ©diatement l’importance du cycle Saturne-Neptune et des signes du Verseau et du Taureau. En effet le thème du 7 fĂ©vrier 1900 prĂ©sente une triple conjonction Mars-Mercure-Soleil Verseau au carrĂ© de la Lune Taureau tandis que l’on trouve dans celui du 15 fĂ©vrier 1906 une conjonction Mercure-Soleil-VĂ©nus Verseau au carrĂ© de Jupiter-Taureau. Quant au cycle Saturne-Neptune, on note l’opposition de ces deux planètes dans le premier thème et le sextil dans le second. James Keir Hardie, le premier responsable du Labour Party est nĂ© le 15 aoĂ»t 1856 Ă  Lanarkshire (Ecosse) et a la Lune en Verseau et  sa triple conjonction Soleil-Mercure-VĂ©nus fin Lion est en carrĂ© d’Uranus-Taureau. Il n’est pas difficile d’en dĂ©duire un imaginaire « Verseau-Taureau Â».

Voyons maintenant si le thème de Tony Blair s’inscrit dans cet imaginaire « Verseau-Taureau Â». Tony Blair est nĂ© le 6 mai 1953, quelques jours avant le couronnement d’Elizabeth II. On retrouve dans son thème la conjonction Saturne-Neptune. Par ailleurs on dĂ©couvre une  conjonction Soleil-Jupiter fin Taureau au carrĂ© d’une Lune Verseau. Tony Blair s’inscrit donc on ne peut mieux dans l’imaginaire « Taureau-Verseau Â». Il faut noter nĂ©anmoins qu’avec le carrĂ© de Pluton au Soleil et l’opposition de cette planète Ă  la Lune il entend constamment rĂ©former les choses. C’est le grand Ă©cart entre la dimension conservatrice du Taureau et la dimension rĂ©formatrice du Verseau et de Pluton. Par ailleurs cet imaginaire Taureau-Verseau est actualisĂ© au moment oĂą  Tony Blair est nommĂ© premier ministre puisqu’en Mai 1997 on trouve une conjonction Soleil-VĂ©nus en Taureau au carrĂ© de Jupiter-Uranus en Verseau.

 

L’automne est marquĂ© par une concentration de planètes en signes fixes : Mars en Taureau, Saturne en Lion, Jupiter en Scorpion. Nul doute que Tony Blair est concernĂ© et va ĂŞtre en première ligne. Plus que jamais il va se dĂ©mener comme un diable. Et ce n’est pas fini car  Ă  partir d’AoĂ»t 2006 il sera encore en vedette avec l’opposition de Saturne Ă  Neptune.

 

VI L’IMAGINAIRE DE LA PSYCHANALYSE

 

Changeons de domaine et penchons nous sur l’imaginaire de la psychanalyse.

A tout seigneur tout honneur. Voyons d’abord le thème de Freud.

 

Veuillez ouvrir le fichier " Thème de Freud" Ă  la fin de cet article.

 

On connaĂ®t tous son amas en Taureau avec les deux lentes Uranus et Pluton, cette dernière planète Ă©tant maĂ®tresse  de son ascendant Scorpion.

 

Regardons le thème de ses premiers disciples. Pour repĂ©rer les points communs,  appliquons la mĂŞme mĂ©thode des thèmes en couronne.
Comme on pouvait s’y attendre,  on retrouve, chez les premiers adeptes de la psychanalyse, plusieurs des facteurs du thème de Freud

-        chez Adler Uranus angulaire Ă  l’ascendant au sextil de Pluton (conjoint Lune) en Taureau ; 

-        chez Karl Gustav Jung Uranus angulaire au descendant au carrĂ© de Pluton (conjoint Lune) en Taureau ;

-        chez Karl Abraham Uranus angulaire au Descendant au carrĂ© de Soleil-VĂ©nus-Pluton en Taureau.

La psychanalyse est en rapport avec le cycle Uranus-Pluton. Freud naĂ®t Ă  la conjonction Uranus-Pluton. Ses premiers disciples, on vient de le voir, naissent au sextil ou au carrĂ© de ces deux planètes.  Freud organise le mouvement psychanalytique au moment de l’opposition d’Uranus Ă  Pluton. Des rĂ©unions ont lieu chaque semaine Ă  Vienne au sein de « la sociĂ©tĂ© psychanalytique du mercredi Â» Ă  partir d’octobre 1902. Au bout de 7 ans le mouvement s’internationalise : Freud encourage le 30 mars 1910 au congrès de Nuremberg la crĂ©ation d’une association internationale, l’International Psychoanalytical Association  (l’IPA)  :   Jung en est le 1er prĂ©sident. Puis ses disciples crĂ©ent dans leurs pays respectifs des associations nationales.

La psychanalyse a Ă©tĂ© rapidement introduite au Royaume Uni. Après avoir crĂ©Ă© le 30 octobre 1913 la sociĂ©tĂ© Psychanalytique de Londres Ernest Jones fonde le 20 fĂ©vrier 1919  la sociĂ©tĂ© britannique de psychanalyse. On note une conjonction Soleil-Lune Scorpion pour la première date  tandis qu’on trouve une Lune Scorpion en trigone de Pluton pour la seconde date. LĂ  aussi, avec l’importance du Scorpion et de Pluton, on trouve une nette filiation avec le thème de Freud.

 

C’est beaucoup plus tard que les français s’organisent en association.  La SociĂ©tĂ© Psychanalytique de Paris, crĂ©Ă©e le 4 novembre 1926,  se situe elle aussi dans la filiation de Freud puisqu’elle est nĂ©e avec un Soleil en Scorpion au trigone de Pluton en Cancer et d’Uranus en Poissons. Son premier prĂ©sident RenĂ© Laforgue prĂ©sente une conjonction Soleil-Uranus en Scorpion et une conjonction de Pluton au Descendant.

Là encore le Scorpion et Pluton sont présents ainsi qu’Uranus.

 

La psychanalyse française va connaĂ®tre plusieurs scissions. Un diffĂ©rend surgit en 1953 quand il s’agit de mettre sur pied un enseignement de la psychanalyse. Ceux qui sont partisans de Lacan crĂ©e la SociĂ©tĂ© Française de Psychanalyse : il y a Didier Anzieu, Françoise Dolto, Daniel Lagache et Juliette Favez Boutonnier. En 1964 Lagache et Favez Boutonnier veulent forcer Lacan Ă  ne plus s’occuper d’enseignement. Peine Perdue. Nouvelle scission. Ils crĂ©ent le 9 juin 1964 l’Association Psychanalytique de France qui sera reconnue par l’I.P.A. tandis que Lacan crĂ©e avec Dolto le 21 juin 1964  l’Ecole Freudienne de Paris.  Nous sommes alors Ă  la conjonction Uranus-Pluton, Lacan Ă©tant nĂ© avec une opposition Uranus-Pluton sur l’axe MC-FC. Pourquoi Dolto a-t-elle suivi Lacan ? Probablement parce que, comme Jacques Lacan, elle a du BĂ©lier et qu’elle est nĂ©e avec une Lune opposĂ©e Ă  Mars. Maud Mannoni qui a Ă©tĂ© la première vulgarisatrice de Lacan possède Ă©galement une Lune BĂ©lier opposĂ© Mars. On voit clairement comment ce groupe dissident se structure autour, non plus d’un imaginaire Scorpion, mais d’un imaginaire BĂ©lier. Après avoir Ă©tĂ© pendant longtemps le marginal de groupes « Scorpion Â» Lacan devient le leader d’un groupe « BĂ©lier Â» dans lequel il peut donner sa pleine mesure.

 

VII   LE TRANSGÉNÉRATIONNEL COMME LIEU PRIVILÉGIÉ DE  
         L’ASTROLOGIE GROUPALE.

 

Depuis la conjonction Uranus-Neptune de 1992 de plus en plus de psychologues et de psychanalystes s’intĂ©ressent  Ă  la dimension transgĂ©nĂ©rationnelle.  La psychogĂ©nĂ©alogie observe comment  les transmissions et les filiations s’effectuent sur plusieurs gĂ©nĂ©rations. Plusieurs astrologues en France –notamment Lynn Bell, Catherine Gestas et Martine Barbault -  explorent les liens entre cette nouvelle discipline et l’astrologie. La lignĂ©e peut ĂŞtre considĂ©rĂ©e comme un groupe qui a son imaginaire. Nous allons le montrer avec deux exemples : celui de Françoise Dolto et celui d’AimĂ©e, le cĂ©lèbre cas Ă©tudiĂ© par Lacan.

 

A) L’imaginaire de Françoise Dolto

IntĂ©ressons nous d’abord Ă  la psychanalyste Françoise Marette-Dolto considĂ©rĂ©e comme une pionnière en matière de psychanalyse d’enfants.  Les rapports Ă  sa mère ont Ă©tĂ© problĂ©matiques, surtout Ă  partir de son adolescence. Mais d’un point de vue groupal, il est intĂ©ressant de comparer son thème aux thèmes de son entourage afin de repĂ©rer la configuration indicatrice de l’imaginaire de la lignĂ©e. Nous avons examinĂ© une vingtaine de thèmes et nous y avons toujours trouvĂ© Lune, Mars et Pluton reliĂ©s avec un aspect dissonant (conjonction, carrĂ© ou opposition).

Chez Françoise c’est Lune-BĂ©lier opposĂ©e Mars-Balance et sextile  Pluton GĂ©meaux. Sa mère a une triple conjonction Lune-Mars-Pluton. Son père a une conjonction Lune-Pluton carrĂ©-Mars. Il en va de mĂŞme chez les grands parents maternels qui prĂ©sentent l’un et l’autre une conjonction Lune-Pluton en carrĂ© de Mars. La Grand-mère paternelle a un carrĂ© Lune Mars et un trigone Lune-Pluton. Quant au grand-père paternel il a une Lune carrĂ© Mars d’un cĂ´tĂ© et sextil Ă  Pluton de l’autre.

 

Une telle rĂ©pĂ©tition souligne que le rapport Ă  la fĂ©minitĂ© n’est pas Ă©vident chez les Marette. Pour la mère de Françoise Dolto une fille doit se marier. Or  si celle-ci veut trouver un mari elle ne doit pas entreprendre de longues Ă©tudes. C’est pour cette raison que la mère de Françoise Dolto, Suzanne Marette s’oppose Ă  ce que sa fille fasse des Ă©tudes de mĂ©decine. Elle oublie de l’inscrire Ă  la première partie du baccalaurĂ©at. L’annĂ©e suivante, le jour de l’examen,  elle ne rĂ©veille pas sa fille. Du reste, en agissant ainsi, la mère ne fait que rĂ©pĂ©ter  l’interdit qui a pesĂ© sur elle. Elle voulait Ă©pouser un artiste. Or son père lui imposa de se marier avec  l’un des ingĂ©nieurs de son entreprise.

 

Mais si l’on approfondit l’histoire généalogique de la lignée on se rend compte que le grand père paternel est mort dans un accident de train alors qu’il tentait de sauver des flammes plusieurs mères et leurs enfants. Le jour de l’accident, la Lune est en Scorpion et s’oppose à Mars-Pluton Taureau. La même configuration Lune-Mars-Pluton est donc présente

aussi bien du côté paternel que du côté maternel. Ce drame survenu dans la vie de son grand père explique sans doute en partie pourquoi Françoise Dolto fut si fragile des bronches toute sa vie. Quand elle était jeune, son héroïne favorite était Jeanne d’Arc. A la lumière de ce drame, on comprend mieux pourquoi.

 

B) L’imaginaire du cas Aimé

Penchons nous maintenant sur l’imaginaire du Cas AimĂ©e. AimĂ©e est le pseudonyme de Marguerite Pantaine. Le psychanalyste Jacques Lacan s’est particulièrement penchĂ© sur le cas d’une de ses malades hospitalisĂ©s pour tentative de meurtre. Au moment oĂą il Ă©crivait sa thèse de psychiatrie,   il s’est entretenu quasi quotidiennement avec elle pendant un peu plus d’un an. A partir du moment oĂą cette femme attend un enfant elle dĂ©veloppe un dĂ©lire paranoĂŻde. Elle se fâche avec ses collègues, crève le pneu d’une bicyclette. Ce dĂ©lire aboutira Ă  la tentative de meurtre d’une comĂ©dienne connue. Jacques Lacan a dĂ©crit dans sa thèse son histoire, ses rapports avec sa famille et ses proches, ses dĂ©lires, ses Ă©crits, sa brusque guĂ©rison. Nous avons pu obtenir, outre le thème astrologique d’AimĂ©e, les thèmes astrologiques de la comĂ©dienne, des parents,  de la fratrie et de la Grand-mère maternelle d’AimĂ©e. Nous avons montĂ© Ă©galement les thèmes des Ă©vĂ©nements importants de la vie d’AimĂ©e. A notre grande surprise, les 22 thèmes que nous avons rassemblĂ©s prĂ©sentent tous un aspect dissonant entre Lune et Mars.

 

 Le vrai prĂ©nom d’AimĂ©e est Marguerite. Or la sĹ“ur aĂ®nĂ©e portait elle aussi le prĂ©nom de Marguerite. Un dimanche alors que sa mère avait habillĂ© sa fille aĂ®nĂ©e âgĂ©e de 5 ans de sa belle robe d’organdi, celle-ci  s’est trop approchĂ©e du feu. En quelques instants elle est devenue une torche vivante et est morte brĂ»lĂ©e vive.  La mort tragique de cet enfant en bas âge, comme vous pouvez l’imaginer, a bouleversĂ© et perturbĂ© toute la famille. Au moment du drame, la mère de Marguerite Ă©tait enceinte. L’enfant qu’elle portait est mort Ă  la naissance. AimĂ©e est nĂ©e un an plus tard. On lui donna le prĂ©nom de la sĹ“ur morte. Vincent Van Gogh, Ludwig Van Beethoven, Salvatore  Dali sont aussi des enfants de remplacement. On connaĂ®t mieux maintenant le drame que vivent ces ĂŞtres. Ecoutons Salvatore Dali : « J’ai vĂ©cu toute mon enfance et toute mon adolescence en portant agrippĂ©e Ă  mon corps et Ă  mon âme l’image de mon frère mort, donc je n’était pas moi Â». De tels ĂŞtres se battent pendant longtemps avec le fantĂ´me du frère (ou de la sĹ“ur) mort(e).

 

Il se trouve que Marguerite Pantaine est la mère du psychanalyste Didier Anzieu. Or ce spĂ©cialistes des groupes qui a Ă©galement un aspect Lune-Mars dans son thème, a Ă©crit un livre intitulĂ© le « Moi-Peau Â» (moi = Mars ; Peau = Lune) oĂą tout un chapitre est consacrĂ© aux brĂ»lĂ©s.  A titre d’exemples de facteurs de rĂ©pĂ©titions, il est intĂ©ressant de noter que la fille de ce pionnier de l’étude des groupes  est pĂ©do-psychiatre psychanalyste Ă  New York. Ce n’est probablement pas un hasard si les premiers articles qu’elle a Ă©crit concernent  les rĂ©actions des familles dont des membres ont pĂ©ri brĂ»lĂ©s dans le tragĂ©die du World Trade Center en Septembre 2001.

Un mĂŞme imaginaire s’exprime de multiples manières. Ainsi l’imaginaire Lune-Mars peut ĂŞtre en nĂ©gatif l’accident provoquant la mort d’un enfant ou bien un pneu de bicyclette crevĂ©,  ou bien une tentative d’attentat. Mais il peut tout aussi bien ĂŞtre en positif une brusque guĂ©rison, une Ĺ“uvre de pionnier, le soin de notre mère ou bien le soin de la mère en nous ou bien encore le soin de nouveaux-nĂ©s.

 

VIII  QUELQUES CONSEILS POUR CONSTITUER DES GROUPES

 

Un groupe ne peut durer que si ses membres ont entre eux des points communs, des valeurs communes, des Ă©motions communes. Un groupe est une crĂ©ation permanente et son existence peut Ă  tout moment ĂŞtre remise en question par le dĂ©part d’un membre ou l’arrivĂ©e d’un nouveau membre. Il suffit parfois qu’un membre influent quitte un groupe pour que le climat de ce groupe se dĂ©tĂ©riore très vite. C’est lĂ  que l’on dĂ©couvre le rĂ´le-clĂ© que jouait ce membre. Dans d’autres cas l’arrivĂ©e d’un nouveau membre modifie l’équilibre du groupe. Soit le groupe se dĂ©fend en rejetant « l’intrus Â». Soit le « nouveau Â» est acceptĂ©, son intĂ©gration constituant un apport pour le groupe.

Quoi qu’il en soit, un groupe fonctionne bien si ses membres trouvent une « fantasmatique Â» commune. Par ailleurs un groupe fonctionne d’autant mieux qu’il intègre toutes les valeurs planĂ©taires ou zodiacales. Les problèmes du groupe sont souvent  liĂ©s aux valeurs zodiacales ou planĂ©taires inexistantes ou faibles. Il est donc recommandĂ© Ă  un responsable de choisir comme nouveaux venus des personnes qui, tout en Ă©tant en phase avec la fantasmatique du groupe, ont des thèmes complĂ©mentaires aux membres dĂ©jĂ  prĂ©sents dans le groupe. C’était le cas avec ces jupitĂ©riens qui intĂ©graient le groupe de saturniens.

Du point de vue de l’astrologie groupale, on est marginal dans un groupe quand on n’est pas en résonance avec l’imaginaire du groupe. Il est difficile dans les années 60 si on n’est pas uranien ou neptunien de fréquenter les réunions du Centre International d’Astrologie. Il est difficile si on n’est pas uranien ou plutonien de se sentir à l’aise dans les réunions de psychanalyste. Il est extrêmement difficile au membre d’un groupe d’aller contre l’imaginaire du groupe auquel il appartient. Mieux vaut pour lui passer à un autre groupe ou créer un autre groupe plutôt que s’évertuer à ramer à contre-courant.

 

CONCLUSION

 

Depuis qu’avec Bion et Anzieu on sait qu’en rĂ©alitĂ© un groupe se constitue autour d’émotions communes et donc d’un imaginaire commun, l’astrologie se rĂ©vèle ĂŞtre pour la comprĂ©hension des phĂ©nomènes de groupes un outil très appropriĂ©. Non seulement elle permet de dĂ©crire les caractĂ©ristiques d’un groupe,  ses temps forts, ses temps de crise mais elle permet aussi d’expliquer  pourquoi certaines personnes se trouvent marginalisĂ©es dans un groupe. L’exemple du mouvement psychanalytique est typique Ă  cet Ă©gard. Ce groupe se constitue autour d’Uranus, de Pluton et du Scorpion. Il se dĂ©veloppe selon les phases de ce cycle et les personnes qui n’appartiennent pas Ă  l’imaginaire « Scorpion Â» se trouvent marginalisĂ©es. Tel fut le cas de Lacan. C’est, Ă  mon avis, en multipliant l’étude de tels exemples d’astrologie groupale que l’on saisira de mieux en mieux comment s’articulent et s’unifient l’astrologie gĂ©nĂ©thliaque et l’astrologie mondiale.

 

BIBLIOGRAPHIE

 

Livres

Ancelin A., Aïe mes Aïeux, Desclées de Brouwer, Epi/méridienne, 1993

Anzieu D. L’inconscient et le groupe, Dunod, 1975

Anzieu D. « Skin-Ego Â», 1989

Anzieu D. « The group and the unconscious Â», Routledge, London,  1984

Barbault A., Les Astres et l’Histoire, Pauvert, 1967

Bell L., Planetary Threads, CPA,1999 

Bion W.R., Experiences in group, Tavistock, London, 1961

Gestas C. et Barbault M., La mémoire ancestrale en astrologie, Le Rocher, Paris, 2005

Gestas C., Comment une malĂ©diction familiale peut devenir une bĂ©nĂ©diction crĂ©atrice, Actes congrès Sep Hermès 2003 « Filiations et transmissions familiales en astrologie et en psychologie Â»

Lenoble Y. "L’imaginaire astrologique de la famille Windsor " ,  Congrès Sep Hermès " La synastrie ", 1997

Lenoble Y., Le cas Aimée, Dossier Sep Hermès n°1, Paris, 2004

Mailly Nesle S., L’astrologie et l’entreprise, Actes congrès Mars 1992, ARRC

Maisonneuve J., La dynamique de groupes, PUF, Que sais-je ? N°1306

Pellegrini C., L’épistémologie de l’astrologie. Actes congrès Mercure 1990, ARRC

Ptolémée Cl., Le Livre unique de l’astrologie, Nil, Paris, 2000

PtolĂ©mĂ©e C.,  Tetrabiblos, Traduction Robbins, Loeb, 1980

 

DONNÉES DE NAISSANCE

 

Astrologues français du C.I.A.

AimĂ© Jacqueline : 25-1-1922 Ă  16h10 Ă  Paris (75)

Barbault AndrĂ© : 01-10-1921 Ă  17h Ă   Champignelles (89)

Berthon Jacques : 21-02-1926 Ă  7h30 Ă  Chatellerault (86)

Carteret Jean : 27-03-1906 Ă  9h40 Ă   Charleville-MĂ©zières (08)

Gouchon Henri : 1-3-1898 Ă  7h30 Ă  Roure (Italie)

Gravelaine JoĂ«lle de : 12-01-1929 Ă  4h40 Ă   La Celle-St-Cloud (92)

Millat Louis : 7-12-1900 Ă  22h42 Ă   Saint Etienne (42)

Munzinger Maurice : 6-7-1904 Ă  4h25 Ă  Paris

Nicola Jean-Pierre : 8-5-1929 Ă  8h Ă   Nice (06)

Santagostini Claire : 9-5-1898 Ă  7h Ă  Paris

 

Famille Windsor

George VI : 14-12-1895 3h05 Ă  Londres

Reine Mère : 4-8-1900 Ă  11h31 Ă  St Paul Waldenbury (51N24, 00W06) 

Elizabeth II : 21-4-1926 Ă  2h40 Ă  Londres

Prince Philipp : 10-6-1921 à 10h à Corfou (Grèce)

Prince Charles : 14-11-1948 Ă  21h14 Ă  Londres

Princesse Diana : 1-7-1961 Ă  19h45 Ă  Sandringham (52N50, 00E30)

 

Famille Marette

Marette-Dolto Françoise : 6-11-1908 Ă  20h10 Ă  Paris

Marette Jacqueline (sĹ“ur aĂ®nĂ©e) : 12-4-1902 Ă  20h Ă  Paris

Marette Henri (père) : 4-8-1874 Ă  11h30 Ă  Asnières (92)

Demmler Suzanne (mère) : 4-10-1879 Ă  23h30 Ă  Vincennes

Demmler Arthur (grand père maternel) : 8-7-1844 Ă  10h30 Ă  Paris

Henriette SecrĂ©tan (grand mère maternelle) : 6-09-1860 Ă  Paris

Marette Henry (grand père paternel) : 3 mars 1838 Ă  Lisieux

Landry (grand mère paternelle) : 27-12-1844 Ă  Paris 2ème

Accident grand père paternel : 3-2-1880 Ă  18h15 Ă  Levallois

 

Psychanalystes

BION Wilfried : 8-9-1897 Ă  Muttra (Penjab, Inde)

ADLER Alfred : 7 fĂ©vrier 1870 Ă  14h Ă  Vienne

ABRAHAM Karl : 3 mai 1877 Ă  1h30 Ă  Bremen

JUNG Karl Gustav : 26 juillet 1875 Ă  19h30 Ă  Kesswyl (Suisse).

LAFFORGUE RenĂ© : 5 novembre 1894 Ă  10h30 Ă  Thann (68)

LACAN Jacques :  13 avril 1901 Ă  14h Ă  Paris

DOLTO Françoise : 6 novembre 1908 Ă  20h10 Ă  Paris

MANNONI Maud : 22 octobre 1923 Ă  14h Ă  Courtrai (Belgique)