Mercure: le grand pourvoyeur de Vie (René Le Brodeur)

Mercure : le grand pourvoyeur de Vie

 

 

par René Le Brodeur, Astrologue-chercheur

 

 

Elle n’a pas fait l’objet de beaucoup de recherches, à l’exception de ce que nous a légué la Tradition, mais elle s’avère une planète fascinante, susceptible d’interpeller davantage notre champ de compréhension à son égard. Dans l’Hier, l’Aujourd’hui et le Demain brille Mercure qui reçoit sept fois plus de lumière que toutes les autres planètes. On la surnomme le divin hiérophante. Elle est associée aux Mystères. On a fait d’elle une « Ã‰toile d’Initiation et d’Intuition Â».  Mais au-delà de ce que nous pouvons connaître d’elle à travers nos lectures et nos observations, qui est-elle vraiment ?  Sait-on qu’elle constitue une planète d’envol sur tous les plans ?  Depuis l’éveil des feux de la kundalini jusqu’à l’Oiseau-tonnerre, autre métaphore pour nous signifier que la pure pensée confère des ailes à qui sait la manier avec sagacité, Mercure révèle la Lumière dans la Lumière. Or, « les dieux sont les pouvoirs de Dieu Â» de proclamer le grand philosophe mystique Shri Aurobindo. Et sur l’un des majestueux rayons de l’arc-en-ciel cosmique trône Mercure.  Ce pur rayon de cristal mérite qu’on s’arrête à sa vibration, car « les sages n’ont jamais voulu limiter les avenues de l’homme vers Dieu[1]. Â»

 

 

Mercure et l’essence du Jing

 

Pour la chronobiologie chinoise, les cinq grands mouvements de vie sont régis par les sept planètes traditionnelles telles que nous les connaissons.  Le dernier de ces mouvements, le grand mouvement EAU a été placé sous l’égide de la planète Mercure laquelle gouverne les reins et assure la réception du Qi ( * ). « Les reins sont les dépositaires de l’essence (Jing). Le Jing de l’organisme est formé par la réunion de deux parties, le Jing inné et le Jing acquis[2]. Â»   Cette citation est intéressante dans la mesure où elle nous permet de tirer un certain ordre de corrélations inhérentes au rôle de Mercure dans un thème natal, de même qu’en rapport avec les maisons qu’il gouverne dans le zodiaque mineur.  Par zodiaque mineur, nous entendons la régence du Bélier aux Poissons dans la correspondance séquentielle des Maisons I à XII.  Nous pouvons donc déduire que la vitalité d’un individu est signée par l’apport de Mercure lequel est indissociable du processus génétique d’où il est issu. C’est le Jing inné.  Cela signifie donc que si l’essence Jing des parents et celui des ascendants est de noble qualité, l’enfant bénéficiera d’un bon Jing. Dans le cas contraire, nous identifierons assez rapidement une vitalité moindre. Le Jing acquis est celui-là même que l’individu peut s’approprier, car « le Jing acquis est le produit de la transformation des aliments par la Rate et l’Estomac[3]. Â»  Or, nous connaissons tous le rôle de la Maison VI dans le processus d’entretien de l’organisme.  Deux Maisons sont concernées ici : la deuxième et la sixième.  L’ingestion d’aliments énergétiques et la respiration relèvent implicitement de la Maison II,  alors que la tonification de l’organisme, les correctifs à devoir être apportés à l’alimentation (les suppléments alimentaires notamment) et toutes les techniques liées à la préservation de l’énergie basale de l’organisme (le Yoga, l’entraînement sportif et les disciplines orientales comme les Qi Gongs et les Tai Chi) appartiennent au domaine de la Maison VI.  Cependant dans ce processus de gestion de l’énergétique de la forme, Mercure, les Reins et le Jing ne peuvent fonctionner sans l’apport du quatrième grand mouvement : le mouvement Métal lié aux Poumons. « Le poumon régit l’inspiration du Qi, les Reins régissent la réception du Qi [4]. Â»  Cela signifie que si l’acte de respiration (Vénus) est assujetti à la visualisation consciente de l’énergétique (Qi disponible via Mercure), il y a maintien d’une bonne santé à moins que des interférences karmiques ne viennent en perturber le processus.  Et conséquemment : il peut y avoir guérison. Tout le pranayama oriental ( * )  relève de l’utilisation consciente et judicieuse de la captation du souffle vital alliée à la visualisation créatrice, c’est-à-dire à la focalisation de l’énergie vers tel ou tel chakra, tel ou tel organe malade ou en insuffisance énergétique. Nous parlerons ici d’auto guérison.

 

Mercure et l’expression des feux de la Kundalini

 

Les divers traités tantriques ont abondamment parlé de la Kundalini susceptible d’être éveillée durant la pratique de la fusion sexuelle. Pour le Tantra, la gestion du souffle et la rétention du sperme pour l’homme sont des facteurs majeurs quant à la montée des feux de la Kundalini. Si le désir de fusion relève de Mars, la Kundalini intelligente demeure du ressort de Mercure, car « le premier des Dieux célestes Â» est Sagesse et Illumination.  Il est aussi clair que la gestion de la charge orgasmique pour l’homme ne peut être optimale sans cette capacité de diriger consciemment et mentalement l’énergétique associée à l’excitation sensorielle vers les centres supérieurs.  Or, l’homme ne peut y parvenir effectivement sans maîtriser sa respiration et gérer sa capacité à visualiser l’afflux des feux qui cherchent à sourdre ( * )  Ã  la base de l’épine dorsale.  Encore ici, le Jing inné et le Jing  acquis seront d’un précieux secours, car sans une émanation rénale (Mercure) abondante, il ne peut y avoir de pratique sexuelle satisfaisante pour les deux partenaires. Chez l’homme notamment, s’ensuivra ou éjaculation précoce ou incapacité à soutenir l’acte sexuel suffisamment longtemps pour en retirer un quelconque bénéfice. D’où l’importance de recourir en cas d’insuffisance rénale à ces exercices de tonification (digitopuncture notamment) de l’énergie à travers les cinq grands mouvements. Mais faire l’amour s’apprend et c’est le privilège de l’homme et de la femme que d’y parvenir par l’apprentissage de la connaissance et le dialogue empathique. Toutes les sécrétions émises durant l’acte sexuel possèdent des vertus régénératrices incontestables. Elles appartiennent aussi au registre de Mercure en tant que grand dispensateur de l’essence Jing. Les textes taoïstes et tantriques accordent la prime importance à l’eau du lac de jade ou salive émise par une femme excitée sexuellement et à la fleur de lune, ce liquide lubrifiant qui humecte les parois du vagin. Immobiles l’un dans l’autre, les deux partenaires peuvent se nourrir mutuellement de leur essence (originant du Palais du Yin pour la femme et du linguam pour l’homme).  Cet acte fait partie des préludes essentiels à la Kundalini intelligente. Cependant, si au cours de sa vie l’homme dissipe sans continence son essence vitale, il diminue sa vitalité et abrège ses jours.  Mercure qui à l’origine constituait le Grand Donneur de Vie la lui soutire graduellement. De Mercure, retenons qu’il a les propriétés du dieu de la génération sexuelle. Le bronze du dieu ithyphallique Hermès-Priape de l’Antiqué gréco-romaine en confirme par ailleurs la portée ésotérique.  Précisons maintenant l’étymologie d’ithyphalle : phallus en érection. Grosso modo, toute forme de sexualité digne de ce nom repose sur l’accord de la triade Mercure-Vénus-Mars, mais rappelons encore une fois que sans une bonne énergie basale (reins/Mercure), elle demeure asthénique.

 

Mercure et les peurs inconscientes

 

Mercure régit le signe du Scorpion à titre de régent hiérarchique et la Huitième Maison dans le zodiaque mineur.  Les peurs sont fondamentalement liées aux Reins (Mercure). Ceci est scientifiquement prouvé depuis longtemps par la chronobiologie chinoise et par l’observation de toutes les médecines planétaires.  Lors de grandes frayeurs, les liquides se relâchent (urines et selles).  Les reins sont blessés par une forte émotion – la peur étant l’émotion associée aux reins notamment – et ne peuvent plus réguler la gestion de l’énergétique courante liée à ces organes.  Cependant, via Mercure, il est possible de travailler mentalement sur les peurs conscientes et inconscientes en se servant de l’immense réservoir de reprogrammation inhérent au champ de la Huitième Maison.  Entrent ici en ligne de compte Pluton et Mercure, deux tous régents de cette Maison avec Mars dans le zodiaque mineur.  Pourquoi Pluton ?  Parce que Pluton est « une divinité possédant les attributs du serpent. Il est le guérisseur, le donneur de santé, le dispensateur de l’illumination spirituelle et physique [5]. Â»  Mais Pluton a aussi besoin d’une autre planète pour remplir complètement son rôle et c’est ici qu’intervient la dyade Mercure/Pluton. Toutes les peurs peuvent être éradiquées en psychothérapie ou en reprogrammation lumineuse instantanée dès que l’Être reconnaît et admet implicitement son invulnérabilité spirituelle.  Toutes les craintes et frayeurs associées à la mort relèvent tout compte fait de la peur de mourir, peur de l’inconnu, peur de la souffrance. Il y a donc méconnaissance totale de la finalité de l’Homme en tant qu’Être issu du souffle divin et de son passage à travers les états terrestres et supra-terrestres. La victoire sur la peur apporte un incalculable gain d’illumination.  Ce sera l’un des principaux défis impartis à l’Humanité durant l’Ère du Verseau-Lion.

 

Mercure ou l’Évocateur d’Âmes

 

Depuis le plus lointain des âges, Mercure a été appelé le guide et l’évocateur des âmes. Le Livre des Morts des Anciens Égyptiens nous relate plusieurs passages dans lesquels il est fait mention du rôle joué par le Thot, le Gardien de la Porte des Mondes et de la Demeure d’Osiris.

 

                        O Thot, Thot !  Entends ma voix !

                        Rends-moi vigoureux, ainsi que tu te rends vigoureux (toi-même)

 

                        Montre à la Terre ton Visage radieux,

 

                        O toi qui, tour à tour, te révèles et t’éclipses !

                        Que ta volonté soit faite ! [6]

 

Un peu plus avant dans ce passage, il est fait mention de la maîtrise de Thot sur l’Horizon du Nord. Or, le grand mouvement Eau (en chronobiologie chinoise) est associé au Fond de Ciel. À l’angle Nord, au Froid, à l’Hiver. Les Traditions égyptiens et chinoises s’abreuvent incontestablement à une même révélation antérieure.  Thot ou Mercure est donc un pourvoyeur de vitalité, un .  Et quand on sait que le siège de la volonté se situe dans les Reins, on ne peut s’étonner de l’extrême cohérence de l’ensemble du réseau analogique dévolu à la planète Mercure.  Dans la strophe de la révélation et de l’éclipse de Thot, il faut voir par ailleurs une allusion d’ordre astronomique inhérente aux phases de la planète. C’est aussi pressentir que l’Âme, une fois dans l’Amenti (royaume des morts pour les Anciens Égyptiens), doit composer avec les cycles de Mercure. Rappelons l’aphorisme : « Tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. Â»  Quoi qu’il en soit, l’examen de tous les thèmes de transition ou de mutation (thèmes de décès) révèle le rôle capital joué par Mercure.  Si la planète donne la Vie, elle la retire aussi, car elle fait partie du quatuor mortifère composé de Saturne, Mars ou Pluton et Lune.

 

Mercure et la magie rituélique

 

Tous les traités dits hermétiques sont bien explicites quant au rôle joué par Mercure dans l’art de la magie, qu’elle soit « blanche ou noire Â». « Le disciple doit donc considérer Hermès comme la source de la pure science intégralisante et infaillible, car IL voit dans le fini relatif et dans l’infini absolu[7]. Â» L’une des bases fondamentales de toute activité magique repose sur le parfait contrôle du souffle.  Inhalation, Rétention du souffle et Expiration constituent les trois phases de l’émission de la forme-pensée.  « La forme-pensée, vitalisée par celui qui respire selon un rythme correct, est envoyée accomplir son Å“uvre et sa mission. Là réside le secret de l’activité créatrice[8]. Â»  D’autres traités parleront de la pierre philosophale, autre métaphore donnée à l’acquisition de la sagesse. La Table d’Émeraude est gouvernée par le Rayon de la Connaissance, de même que  le Palais de Cristal où elle trône.  Ce sont à tout le moins divers référents métaphoriques destinés à « occulter Â» l’information qu’elles recèlent afin de la préserver de la déformation que pourraient en faire les masses ignorantes.  L’hermétisme conjugue d’abord protection, et Garde des Portes de la Connaissance. Nul ne peut en approcher le seuil sans se qualifier au préalable. Pour  entrer dans l’Univers des divins alchimistes,  il faut démontrer une innocuité totale, une bonne volonté indéfectible et une sagesse indiscutable. Ne peut avoir accès à la magie blanche que le disciple en passe de réaliser le parfait alignement entre l’Âme et la personnalité. Et c’est de ce processus que Mercure se montre garant, car le génie mercuriel répond toujours de la valeur du candidat chez qui des Mystères seront dévoilés.

 

Mercure et l’axe de la polymodalité

 

Pythagore et Platon considéraient le pentagone comme l’une des clés majeures de la géométrie philosophique. Au Japon, le schéma pentagonal exprime les rapports d’énergie reliant entre les 60 Points Antiques  —  les points d’acupuncture s’entend.

 

                        L’idée directrice de l’Extrême-Orient – et la nôtre – est que chaque

                        planète (représentée par le pseudo-élément) participe de la nature des

                        quatre autres : le complexe biologique obéissant électivement à l’in-

                        fluence de Mars contient en lui des possibilités de résonance avec

                        Saturne, Vénus, Mercure et Jupiter; le système saturnien présente

                        ses affinités propres avec les systèmes, vénusien, mercurien, jupitérien,

                        martien; et ainsi de suite pour chacun des autres constituants où nous

                        retrouvons la notion hindoue du « Panchikarana Â», « tout est dans tout

                        et tout s’écoule[9].»

 

Ce qu’il faut retenir de ce passage c’est que le pentagone constitue l’image de l’harmonie maintenant en équilibre l’ensemble des méridiens biologiques si on se réfère à l’acupuncture, mais aussi l’ensemble des Maisons astrologiques. Donc : il y a un pentagone coiffant l’énergétique de Mercure en Maison III et VI de même qu’il existe un pentagone coiffant l’activité vénusienne en Maison II et VII.  En regard du processus de la respiration notamment, sous la dépendance des influx vénusiens, l’activité mercurienne entre aussi en ligne de compte comme nous l’avons signalé auparavant.  Mercure agit par conséquent dans chacune des Maisons du thème. Une autre application du modèle pentagonal se retrouve dans la nature de ce que les Anciens appelaient les « degrés termes Â» (une subdivision de chacun des douze secteurs zodiacaux en cinq sous-secteurs correspondant aux cinq planètes, à l’exception du Soleil et de la Lune). Ces observations sont intéressantes dans la mesure où elles forcent notre questionnement sur les interrelations entre planètes, signes et Maisons. Il est d’une évidence incontestable que Mercure joue son rôle dans chacune des douze Maisons du thème, même s’il n’en assume pas la gouvernance spécifique. Au centre du mandala zodiacal, coiffant le bindhu [10], pulse Mercure.

 

Mercure et prévalence des zodiaques

 

À l’origine, le zodiaque fut donné aux Atlantes par Asuramaya, avatar de Mercure. L’astrologie découle donc de deux rameaux intrinsèques et indissociables : la science de la révélation et la science de l’observation. Les premiers astrologues formés sur la planète ont dû faire acte de foi en la connaissance ainsi révélée et la passer au crible de la pratique via l’observation directe.  Ainsi naquit la science astrologique sous l’égide du Dieu Mercure.  On s’intéresse beaucoup aujourd’hui à la planète de l’astrologie et s’il faut lui en consacrer une : nous jetterons notre dévolu sur Mercure. Dès les plus lointaines origines de l’astrologie, tous les Mages, Devins et Astrologues tombèrent sous la gouverne de Mercure.  La Magie, la Divination et l’Astrologie furent au premier chef régies par Mercure, car la planète permet à la pensée-feu de tisser des liens, des interrelations. Par la suite, entre en fonction une deuxième planète, Neptune, celle-là même par laquelle naît la capacité de capter, de tisser des images inhérentes à ce que Rudhyar appelle la conscience « eidétique Â», cette conscience rendue apte à se mouvoir sur la multiciplicité des parallèles (conscience multidimensionnelle et conscience de la multiformité).   Mais que serait la dyade Mercure-Neptune sans l’apport des autres facteurs planétaires ?

 

Un grand débat polarise beaucoup l’attention présentement entre les tenants du zodiaque sidéral et les adeptes du zodiaque tropical.  Chacun y va de ses arguments en regard de la prévalence à devoir être accordé à son système.  Prétendre que le zodiaque sidéral est le seul zodiaque valable en raison de la prise en compte du phénomène de la précession des équinoxes tient d’une navrante étroitesse de vue. Si tous s’entendent pour reconnaître que le mois zodiacal et le signe sidéral ne coïncident pas ou plus, tous n’admettent pas cependant que « l’interprétation d’un horoscope est donc en grande partie psychométrique et dépend de la forme-pensée de la constellation construite depuis des siècles par les astrologues.  L’énergie suit la pensée[11]. Â»  Cette assertion tirée du Traité sur la magie blanche s’avère capitale.  Elle signifie en d’autres termes que tant et aussi longtemps que les astrologues d’obédience tropicaliste nourriront ou se serviront du zodiaque tropical, ils le valideront sur le plan mental.  Et ce zodiaque conservera sa valeur d’usage, à l’exception d’une catégorie d’individus « très évolués, d’aspirants orientés spirituellement qui échappent à la roue de la vie, gouvernent leurs étoiles et ne sont plus soumis à leur domination[12]. Â» C’est pourquoi la prétention des astrologues sidéralistes à vouloir faire de leur zodiaque le seul instrument valable d’interprétation de la destinée humaine relève d’un fallacieux mirage.

 

La nécessaire évolution

 

Au chapitre de l’évolution des zodiaques et de leur suprématie cependant, il est facile d’anticiper que d’ici la fin de l’Ère du Verseau-Lion, le zodiaque sidéral supplantera finalement l’actuel zodiaque tropical. Il faudra cependant tenir un grand Congrès Mondial pour en enclencher l’adoption. La raison en repose sur la reconnaissance implicite de l’arrivée de nouvelles énergies extra-systémiques et de la responsivité factuelle planétaire à leur égard. Le zodiaque tropical tel que conçu et utilisé de nos jours sera jugé inadéquat en regard de sa façon d’appréhender les vecteurs idiosyncrasiques mentaux et surmentaux

de l’Humanité. La scolarisation généralisée sur la planète durant la présente Ère favorisera une ascension de la conscience d’où l’Esprit pourra prendre son envol.  « Il y a également des sens (sûkshama indriya) qui sont supraphysiques et capables, à la fois de prendre connaissance des réalités du monde matériel sans l’aide des organes des sens corporels, et aussi de nous mettre en contact avec d’autres réalités supraphysiques et appartenant à un autre monde.[13] Â» Le zodiaque sidéral permettra cette capacité de pénétrer plus avant dans la conscience cosmique. Il s’émancipera des surgeons de la vie de la personnalité en ce qu’ils seront devenus par trop futiles. L’astrologie sidérale ouvrira la porte à la compréhension de l’Homme Céleste « qui contient en lui-même ce qui correspond aux cellules du véhicule d’expression de l’être humain.[14] Â»  D’autre part, ce type d’astrologie mentalisée permettra à l’Homme Terrestre de développer les premiers jalons supérieurs conduisant vers la soi-conscience parfaite.  Entre-temps, les astrologues auront appris à intégrer la roulette du corps émotionnel et la roulette du corps mental de l’individu qu’ils superposeront naturellement à la Roue classique du véhicule physique. Les astrologues apprendront par ailleurs à lire les Thèmes dans la dimension Proserpine[15], ce qui en soi constituera une révolution. La science des triangles enfin viendra propulser l’interprétation dans des avenues que l’on peut à peine imaginer actuellement.  On procédera d’abord au réalignement Constellations/Signes et on tiendra les Soleils pour ce qu’ils sont vraiment, c’est-à-dire des Entités à la fois autonomes et interdépendantes et non pas des substituts de planètes comme on a tendance à vouloir le faire actuellement. On réalisera que les Sept Grandes Vies Cosmiques – l’Arc-en-ciel de la Divinité en acte ou l’Inconnaissable et Incommensurable Brahman - s’épanchent à travers trois constellations lesquelles adombrent ( * )  finalement leurs planètes d’affiliation, et ce, dans notre système solaire et dans d’autres systèmes solaires. L’astrologue apprendra à travailler avec toute une nouvelle gamme de rayons et de sous-rayons sur cet immense clavier céleste que sont les constellations. Il développera la faculté de se projeter, de voyager psychiquement dans leur symphonie afin de s’abreuver à leur quintessence.  C’est la future route des Brodeurs d’Étoiles. Les futurs astrologues de l’Ère du Verseau-Lion délivreront les clefs pour les voyages psychiques dans les constellations. Ils en expliqueront les rythmes, les fréquences de syntonie optimale. Divagations que tout cela, me direz-vous !  Nenni. De semblables expériences ont toujours eu lieu depuis l’aube des temps, qu’on les appelle chamaniques ou voyages sur les plans de l’astral. Nous répétons que des expériences préparatoires ont lieu actuellement sur la planète, mais sont tenues secrètes. L’astrologue de l’avenir revêtira son habit de psychonaute avec le caducée de Mercure entre les mains et avec pour toute boussole l’Étoile Polaris, Étoile majeure de la direction. Ainsi, s’organiseront les voyages vers l’Infini, les pieds sur Terre, la tête dans les cieux[16].

 

Quand l’unité entre astrologues de toute obédience remplacera l’actuelle séparativité et la suffisance d’égos se considérant comme les seuls dépositaires de la vérité astrologique, alors la problématique des zodiaques se résolvera d’elle-même, et ce, à l’échelle planétaire. L’astrologie spirituelle prendra toute sa place et on admettra d’emblée que la science astrologique est avant tout une connaissance servant à clarifier et à intégrer le dharma de l’Ame-personnalité dans un continuum espace-temps. Trois types d’astrologie subsisteront : l’astrologie ésotérique réservée aux Initiés comme  par le passé, l’astrologie dite scientifique fondée sur la recherche appliquée dans plusieurs branches du savoir et la pseudo-astrologie « populaire Â», véhiculée par des égos irresponsables, vassaux de l’Ignorance, acceptant encore de la pervertir à travers les mass medias pour quelques sous l’horoscope à la petite semaine. Cependant, au fur et à mesure que l’intelligence de la race des astrologues s’affinera, cette dernière catégorie disparaîtra pour le plus grand bien de l’astrologie et le plus grand dam de ses détracteurs.

 

Mercure et l’affranchissement du « ciel d’origine Â» ou premier ciel

 

Un retour sur le concept de « psychométrie Â» tel qu’énoncé plus haut s’impose et nous pourrions l’examiner sous l’angle de l’affranchissement du zodiaque originel. Ce concept s’avère fondamental et peu d’astrologues en mesurent toutes les implications. Si Mercure gouverne la pensée-feu, il gouverne par ailleurs avec les transsaturniennes les grandes mutations de l’Être. Et ces dernières viennent habituellement via la raison pure, la connaissance directe, sous la pulsion irrépressible de l’Âme.  Il arrive souvent, dans la vie de certains individus, que des épisodes marquants conduisent à une profonde mutation. Conscientisés comme tels, ces moments de re-naissance ouvrent la porte pour la superposition d’un second Thème.  Nous parlerons ici de thème de renaissance.  Et ce deuxième thème est tout aussi valide que le thème d’origine dans la mesure où l’Être supra-conscient en balise la prévalence.  Rappelons le postulat : l’énergie suit la pensée. Cette information révolutionnaire en soi devrait attirer l’attention de tous les chercheurs en astrologie. De plus en plus d’individus s’affranchissent karmiquement de leur « ciel d’origine Â» et entrent consciemment dans un processus de mutation.  Lorsque l’instant est noté, l’astrologue bénéficie d’un outil extraordinaire pour interpréter le devenir de cette transformation. La révolution mercuréenne peut être foudroyante. Rappelons une anecdote survenue dans la région de Trois-Rivières (Québec/Canada) durant les années 1970. Une femme fut victime d’un terrible accident de la route. Prisonnière de la carcasse de sa voiture, elle dut attendre de longues minutes avant d’être désincarcérée. Se sachant aux portes de la mort, elle pria et fit le vÅ“u de devenir religieuse si elle survivait. Or, elle s’en tira et entra en religion.  L’anecdote, notoire en Mauricie, démontre que la mutation opérée à l’instant d’un grand danger a transformé radicalement la vie de cette personne. De tels exemples pullulent à travers le monde.  Nous avançons par conséquent que l’ancien thème natal fut supplanté par la mise en place d’une nouvelle énergétique au moment où le vÅ“u fut prononcé dans la voiture. Nous invitons la communauté astrologique à réfléchir sérieusement à l’effet foudroyant de Mercure.

 

Pour une sage application des rayons mercuriels

 

Étudier Mercure n’a aucun sens si on se contente d’en collecter les données et de produire les interrelations pour l’analyser dans un thème.  Une astrologie nouvelle suppose une entrée en résonance avec la planète afin d’en tirer toutes les potentialités inhérentes à la mesure de notre responsivité ( * ) .  Une façon de travailler avec la planète est de se projeter dans un triangle Mercure, Vénus, Pluton lors d’activités à caractère sexuel par exemple. De la sorte, la maîtrise rituélique de l’énergie du souffle peut être mieux canalisée et servir à des fins de régénération au lieu d’être gaspillée dans l’inconscience d’une sexualité primaire. D’autres applications sont possibles dépendamment du type d’activités envisagées. D’autres facteurs planétaires peuvent être incorporés au processus.  Le magicien blanc n’est autre que celui qui s’est aligné sur son Égo (Ange solaire) tout au long de nombreux cycles incarnationnels.  Il a développé patience et persévérance et capacité de travailler sur le plan mental. Il a appris et apprend toujours à maîtriser sa pensée. Via Mercure, cet Être avancé spirituellement se concentre sur le travail intérieur tout en cultivant la faculté de répondre aux besoins supérieurs. Il y parvient seulement par l’instauration de l’équilibre de la pensée.  « Il s’agit d’un équilibre intérieur qui garde la vision pendant l’accomplissement de l’activité extérieure sur le plan physique, avec toute l’attention du cerveau physique qui n’est en rien détournée de l’activité intérieure. L’activité est double[17]. »  De la sorte, Mercure, régent de la Maison III, dans le zodiaque mineur, y joue tout son rôle.  Retenons qu’à l’instar de l’inhalation du Qi, existe une respiration de la pensée. Nous parlerons ici de la respiration du mental pacifié, permettant le contact optimal avec l’âme. Tel est le chemin proposé par Mercure : la profondeur irréfragable ( * )  dans le double mouvement de la pensée créatrice. Rien de moins que l’Illumination ou la connaissance directe.

 

 ( * ) 

Qi : terme chinois désignant l'énergie vitale fondamentale.

 

Qi ou Tchi ou prana désigne essentiellement le même concept d'énergie vitale fondamentale.

 

Pranayama : terme sanscrit signifiant respiration consciente qui consiste à inspirer l'énergie de l'air (prana) en bloquant une narine, pour le relâcher au bout d'un certain intervalle.  On recommence ensuite avec l'autre narine.

 

Sourdre (ou surgir). Émerger.  Ce sont deux synonymes.  Analogie : une source.

 

Adombrer : coiffer.  Processus énergétique consistant à coiffer une Entité, un corps céleste, etc.

Analogie : chapeauter.  Selon Rudhyar, nous nous mouvons dans une Hiérarchie de Touts s'emboîtant les uns dans les autres.  Analogie : les poupées russes.

 

Responsivité : capacité de répondre à un stimulus énergétique. 

  

Irréfragable : qui ne peut être contredit.

 

Fin de la première partie

 

 

Nous proposons au lecteur de réagir à cet article. Nous invitons également tous les chercheurs astrologues à nous faire part de leurs observations et découvertes sur la planète Mercure. Nous espérons enfin que cet article suscitera le goût d’approfondir le rôle capital joué par la planète dans le thème radix.

 

Vous pouvez contacter l’auteur via les coordonnées suivantes :

 

René Le Brodeur

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[1]. Aurobindo, Shri, Métaphysique et psychologie, Albin Michel, Paris, 1988, p. 57

[2]. Auteroche, B., Navailh, P., Le diagnostic en médecine chinoise, Maloine S.A. Éditeur, Paris, 1983, p. 66

[3]. Ibid, p. 66

[4]. Ibid, p. 67

[5]. Bailey, Alice A., L’astrologie ésotérique, Éditions Lucis, Genève, 1976, p. 587

[6]. Kolpakchy, Grégoire, Livre des Morts des Anciens Égyptiens, Dervy-Livres, Paris, 1979, p. 149

[7].Kremmerez, Giuliano, Introduction à la science hermétique, Axis Mundi, Paris, 1986, p. 225

[8]. Bailey, Alice A., Traité sur la magie blanche, Éditions Lucis, Genève, 1980, p. 113

[9]. Emerit, J.-E., Acupuncture et astrologie, Guy Trédaniel Éditeur, Paris, 1986, p. 86

[10]. Bindu ou point central de tout mandala.

[11]. Bailey, Alice A., Traité sur la magie blanche, Éditions Lucis, Genève, 1980, p. 328

[12]. Ibid. p. 328

[13]. Aurobindo, Shri, Métaphysique et psychologie, Albin Michel, Paris, 1988, p. 307-308

[14]. Bailey, Alice A., Traité sur le feu cosmique, Éditions Lucis, Genève, 1973, p. 213

[15]. Nous invitons le lecteur à lire ou à relire un précédent article rédigé par l’auteur sur la planète Proserpine, toujours sur le site Web d’Orian.

[16]. Il existe par ailleurs des lieux propices à toutes formes d’expériences psychiques un peu partout sur la planète. Ces lieux sont calibrés par la triade Mercure/Uranus/Neptune et s’inscrivent toujours dans des territoires focalisés sur l’Aimant cosmique.  Le site des pictogrammes du Lac Wapizagonke dans le Parc National de la Mauricie (Québec/Canada) constitue l’un de ces lieux magiques et unique au monde.  Sur la paroi  rocheuse tombant dans le lac, ont été encryptés dans un lointain passé des symboles attestant du pouvoir magique du lieu.  L’Oiseau-tonnerre en particulier doit être considéré comme un attribut, un analogon, du dieu Mercure.  Les chamanes algonquiniens l’ont dessiné sur le roc pour témoigner de la puissance de la pensée magique par laquelle l’Esprit de l’Oiseau-tonnerre transportait le chamane soit à travers le corps du malade à guérir ou encore vers d’autres dimensions. L’Oiseau-tonnerre remonte jusqu’à l’ancienne civilisation atlantéenne.  Nous suggérons par ailleurs au lecteur de lire notre Traité d’astrologie territoriale dont une section est consacrée à la localisation du site des pictogrammes amérindiens du lac Wapizagonke.

[17]. Bailay, Alice. A.,  Traité sur la magie blanche, Éditions Lucis, Genève, 1980, p. 48