Lancement du livre de René Le Brodeur à Trois-Rivières

Allocution présentée lors du lancement du livre de M. René Le Brodeur au restaurant le Bolvert, à Trois-Rivières

À la suite d’un atelier fort intéressant portant sur les aspects astrologiques, j’ai le privilège de présenter le même animateur, René Le Brodeur, pour le lancement de son livre intitulé :Traité d’astrométéorologie pratique. Traité d’astrologie territoriale. Fait unique et notable, c’est le premier lancement de livre organisé par ORIAN pour un membre du groupe.

René Le Brodeur nous propose un livre de recherche, qui fait état des observations qui couvrent une période de plus de dix ans.  C'est un livre de recherche astrologique et non de littérature même s'il est écrit par quelqu'un qui enseigne en littérature et en cinéma. On connaît la belle plume de monsieur Le Brodeur et on imagine ses aptitudes littéraires. Mais dans cet ouvrage en particulier, il s'est surtout astreint à la discipline du chercheur soucieux de contrôler les hypothèses qu'il avance.

La recherche de l'auteur a porté sur deux axes différents:
        D’une part, la météo ;
        D’autre part, la partition de la sphère terrestre en zones zodiacales.

D’après ma lecture du livre, je note que l'auteur a puisé les principes climatiques à vérifier à deux sources principales: d'une part chez les Chinois avec leur théorie des cinq éléments, d'autre part au modèle démontré par la Tradition gréco-romaine, et ce jusqu'à Morin de Villefranche, dans laquelle sont identifiés des facteurs astraux qui influencent la température : l'énergie de l'année, l'énergie de l'Ingrès, l'énergie de la lunaison.

Au sujet de l’astrologie territoriale (partition de la sphère terrestre), l’auteur serait parti de l’hypothèse de Dane Rudhyar qui parlait des équivalences géodésiques qui aideraient, semble-t-il, à comprendre les diverses influences régissant un territoire donné.

J’ai compris qu’il fallait vérifier la pertinence de ces paramètres empruntés à deux Traditions et à Dane Rudhyar. En quoi a consisté sa démarche de vérification, toujours selon la perception relative que j’en ai ? :

A. Dans toute recherche, la première étape est de bien assimiler des notions empruntées à la tradition astrologique, retransmises dans des cours et des livres. Il est important de bien accueillir des notions d’abord, mais aussi de ne pas négliger par la suite de les soumettre à la réflexion. Il est évident que l’auteur remplit cette exigence. Cela ne fait pas encore le chercheur mais c’est tout de même un préalable.
B. Un enseignement a beau être sage, ce dernier peut nous jeter dans l’enfer du doute tant qu’il n’est pas testé, vérifié dans le laboratoire de l’expérience vécue. C’est l’étape du retour critique sur les données reçues en vue de les évaluer dans un contexte, ici c’est le climat et la géographie terrestres.  Cette étape exige que l’on prenne des risques : par exemple, formuler une hypothèse, faire une prédiction sur la base d’un principe déjà connu pour vérifier sa pertinence dans un contexte choisi. Si le chercheur y met l’effort et le prix, cette étape est celle qui peut faire passer le bourreau de travail du scepticisme à l’enthousiasme de la découverte, de l’effondrement causé par un échec à la joie renouvelée quand l’esprit a su trouver l’hypothèse de travail qui convient. À mesure que les qualités de l’observateur s’affinent, l’objet est mieux pressenti, les corrélations justes apparaissent et les synchronicités se multiplient.
C. Dans ses deux traités, René parle de la Terre et de ses subdivisions, du climat et de ses couleurs locales. Voilà deux modèles de globalité de l’incarnation humaine.  À cette échelle, il y a des chances que la confrontation des contradictions et la recherche de la synthèse favorisent des convergences unifiantes qui viendraient couronner les voies du savoir dans l’accès à une connaissance authentique. Une telle connaissance est à l’aise dans les chemins de l’intuition Uranienne directrice et reste ouverte à l’infini comme le veut l’étrange Neptune.

Ce livre témoigne d’une recherche et d’observations soutenues, mais surtout il clarifie une démarche de recherche. Elle suppose l’acceptation de vérifier la valeur des hypothèses qu’on avance ou des prétentions que l’on cultive. Ceux qui ne se commettent jamais dans ce genre d’exercice s’illusionnent parfois sur leurs capacités réelles et ignorent que la pratique d’une science force à l’humilité des résultats. Une vie de recherche, d’ailleurs, peut se résumer dans quelques phrases.

C’est un petit ouvrage, mais il a le poids des travaux de recherche qui ne se mesurent pas à l’épaisseur du livre mais plutôt à la pertinence des principes que l’auteur s’est donné la peine de vérifier. C’est un modèle recevable. Il pourrait, bien sûr, y en avoir d’autres. Un appel est lancé à ceux et à celles qui  s’estiment déjà chercheur. Il leur reviendra également de proposer un protocole de recherche cohérent et convaincant pour eux-mêmes et pour les intéressés de l’astrologie.

En somme, je constate avec vous que j’ai tout juste effleuré le squelette d’un livre. Je laisse à René Le Brodeur de nous faire part de ce qui fait la chair et le sentiment de ce livre et qui pourrait avoir des résonances sur le vécu de chacun et lui redonner le goût de la recherche. Puisque j’ai quelquefois employé le mot démarche, en terminant et en cédant la parole à Monsieur René Le Brodeur, je dirai que ce livre n’est pas une brique, mais il est certainement « une des marches » qui édifiera l’escalier de la recherche de l’Organisation de Recherches Interactives en Astrologie Naturelle (ORIAN).

Donat Gagnon
Président d’ORIAN
Samedi, 18 mars 2006.